La municipalité de Cloridorme aurait agi illégalement en modifiant les sculptures de l'artiste Claude Rioux, ce qui pourrait contrevenir à la loi fédérale sur le droit d'auteur.

En 2010 et 2011, la municipalité avait reçu en don, de la Corporation de développement économique de Cloridorme, deux œuvres représentant une morue et un soldat. Érigées le long de la route 132, elles ont été modifiées sans le consentement de leur créateur.

Le soldat a été repeint et un banc a été ajouté au pied de la morue. Après un conflit avec l'artiste, elles sont entreposées au garage municipal. Le sculpteur Claude Rioux aurait bien voulu éviter un tel conflit.

L'artiste estime à 2000 ou 3000 dollars les coûts de déplacement des sculptures.

« De ce poids-là, en plus des lettres d'avocats, c'est complètement aberrant », juge-t-il.

Aucun élu de Cloridorme n'accorde d'entrevue sur le sujet, sous recommandation de l'avocat de la municipalité.

« Manque de respect »

Le sculpteur Roger Langevin a vendu ou légué plusieurs de ses œuvres à des municipalités comme Rimouski et Gaspé. Il se désole du manque de respect à l'égard des droits de l'artiste Claude Rioux.

De façon générale, le Québec a du retard quant au respect des œuvres, estime Roger Langevin. La province se rangerait bien loin derrière des capitales culturelles européennes.

« Dans le passé, rappelle-t-il, le Musée des beaux-arts de Montréal était subventionné par la clientèle anglophone de Montréal. Mais les Québécois, ce n'était pas dans notre culture. Ce n'était pas dans nos mœurs, mais là, il faudrait arriver en ville. »

Le sculpteur Claude Rioux a maintenant un avocat et à moins d'un revirement de situation, il n'exclut pas de poursuivre la municipalité de Cloridorme.

D'après le reportage de Martin Toulgoat

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