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Congrès de l'industrie des pêches : le ministre Paradis brille à nouveau par son absence

L'absence au 38e congrès de l'Association québécoise de l'industrie de la pêche (AQIP) du ministre Pierre Paradis et de son adjoint, le Madelinot Germain Chevarie, est une grande déception pour les industriels réunis pour trois jours à Québec.

L'an dernier, l'absence du ministre avait aussi été critiquée. Les industriels avaient alors souhaité une plus grande implication du ministre Paradis. Leurs doléances ne semblent pas avoir été entendues.

Depuis sa nomination, le ministre n'est jamais allé au congrès, indique le directeur de l'AQIP, Jean-Paul Gagné. Les industriels québécois des pêches, qui estiment être dans une année charnière pour le développement de leurs exportations, profitent habituellement de leur congrès pour faire le point avec le ministre ou son adjoint. Depuis l'élection du gouvernement Couillard, la tradition semble se perdre.

Le gouvernement du Québec sera représenté par le ministre délégué à la Stratégie maritime et responsable de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Jean D'Amour.

Les industriels ont aussi à raffermir leurs liens avec la stratégie maritime, poursuit le DG de l'AQIP, mais le ministère des Pêcheries est le véritable partenaire de l'Association, souligne Jean-Paul Gagné.

Ce dernier rappelle que le programme d'aide à la modernisation des usines prendra fin le 31 mars prochain. « On veut négocier pour renouveler ce programme. On sait qu'il y a des coupures partout, mais on a besoin du gouvernement », indique Jean-Paul Gagné.

L'AQIP a été créé en 1978 par Jean Garon, alors ministre des Pêches.

L'heure est au partenariat

Si le 38e congrès de l'Association québécoise de l'industrie de la pêche se déroule sur le thème de l'avenir, c'est que, selon Jean-Paul Gagné, les industriels québécois doivent être prêts pour le Partenariat transpacifique et l'entente de libre-échange avec l'Europe.

Le partenariat sera donc le sésame qui permettra d'ouvrir de nouveaux marchés et demeurer concurrentiel, croit le directeur de l'AQIP.

La place des pêcheurs

Cette année, la ressource est au rendez-vous dans presque tous les secteurs, le taux de change favorise les marchés d'exportation et les variations vers le bas du baril de pétrole laissent présager une saison profitable pour l'industrie.

Les plans négociés avec les pêcheurs sur le prix de la ressource au débarquement constituent déjà une forme de partenariat, indique M. Gagné. De telles ententes existent pour le homard des Îles-de-la-Madeleine, la crevette de la Gaspésie, le crabe des neiges et le pétoncle d'Islande. Le prix au débarquement des poissons et crustacés continue de demeurer l'enjeu de chaque printemps entre industriels et pêcheurs.

Qualité et certification

Pourtant, la bonne entente entre pêcheurs et industriels est un élément essentiel de la chaîne. Ainsi, la qualité du produit est une condition sine qua non pour se distinguer sur les marchés. « Et ça part de la capture. Dans la crevette, il y a pas mal de conditions qui ont été demandées par les usines et acceptées par les pêcheurs. L'Office des pêcheurs de crevette a même accepté de participer financièrement », indique M. Gagné.

On est reconnu, soutient le porte-parole des industriels québécois : « Au Japon, l'an dernier, c'est le crabe d'une entreprise gaspésienne qui s'est distingué, lors d'un concours international. »

Les certifications sur la pêche durable sont pratiquement devenues obligatoires sur les marchés d'exportation, rapporte Jean-Paul Gagné. « Il y a des investissements à mettre là-dedans, il faut transformer les usines, c'est très strict. Là, on s'en vient avec la MSC partout dans la crevette. On va le faire pour le crabe des neiges. »

Développer de nouveaux produits

Le Québec vend essentiellement sur les marchés des produits marins de première transformation. « Là-dedans, on est bons, on est même très bons, il n'y a pas de deuxième ou de troisième qualité », assure le porte-parole de l'AQIP. Il faudra toutefois, ajoute-t-il, pour commercialiser certaines espèces sur les marchés émergents, que le Québec investisse dans la deuxième et troisième transformation.

L'industrie des pêches génère quelque 8000 emplois directs au Québec, dont 5000 dans la transformation.

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