Retour

Construction : des entrepreneurs contournent le système de référencement, dit Rambo

Le représentant syndical de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord, Bernard « Rambo » Gauthier, affirme que la majorité des entrepreneurs de la construction contourne le système de référencement de la main-d'oeuvre et tente de faire appel directement aux syndicats. Il qualifie ce système mis en place par la Commission de construction du Québec (CCQ) d'échec retentissant.

Le représentant syndical n'est pas surpris par des données obtenues par la Coalition avenir Québec, qui montrent que seulement 6 % des embauches sur les chantiers de construction de la province, l'année dernière, ont été faites par le nouveau système.

« 90 à 95 % des entrepreneurs nous appellent en catimini pour avoir de la main-d'œuvre, affirme-t-il. Il faut le faire en cachette maintenant, mais on les avise qu'on n'a pas le droit de faire ça. »

La CCQ a instauré le système de référencement de la main-d'oeuvre il y a deux ans à la suite de l'abolition du placement syndical, en septembre 2013.

Bernard « Rambo » Gauthier croit que le carnet de la référence mis en place par la CCQ favorise les entrepreneurs au détriment des travailleurs. « Quand les entrepreneurs se sont fait dire qu'ils allaient ravoir leur droit de gérance, ils se sont payé la traite et le party était repogné », dit-il. 

Selon lui, le système a pour effet de forcer les travailleurs à communiquer directement avec un entrepreneur. « Ça a eu un effet pervers, croit-il. Les travailleurs sont obligés de faire comme dans les années 30 ou 40 et aller avec leur petit baluchon à la porte de l'entrepreneur. »

Bernard Gauthier plaide pour un retour au placement syndical. « Si vous pensez qu'il y avait des agressions, de l'intimidation et de l'imposition de main-d'œuvre non qualifiée, mettez des enquêteurs là-dessus, lance-t-il. Ça n'a jamais été prouvé. »

Un système qui crée un équilibre, dit la CCQ

Pour sa part, la présidente de CCQ, Diane Lemieux, estime que le carnet de référence a été bénéfique pour contrer l'intimidation sur les chantiers, malgré le faible taux d'employeurs et d'employés qui utilisent le système.

Elle croit aussi que le système a permis aux employeurs de reprendre le contrôle de l'embauche de leur personnel. « Il y a des employeurs qui ont commencé à se construire des banques de candidats, ce qu'ils ne faisaient pas avant, explique-t-elle. Ils connaissent mieux leur main d'œuvre. »

Diane Lemieux soutient que l'industrie de la construction vit un changement de culture « très profond ». 

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine