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Consultations prébudgétaires : les députés de l'Est sur la même longueur d'onde

Tant le député Rémi Massé dans la circonscription Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia que sa collègue, Diane LeBouthillier, ministre du Revenu et députée de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, s'entendent pour dire que les investissements doivent avoir préséance sur le déficit dans le prochain budget fédéral, le 22 mars.

Un texte de Joane Bérubé

Diane Lebouthillier estime que dans une région comme la Gaspésie et les Îles, ces investissements sont essentiels.

Plusieurs infrastructures ont été laissées à l'abandon, au cours des 10 dernières années, souligne-t-elle, ce qui a des impacts directs sur l'économie de la région. « Il y a des infrastructures qui se sont détériorées. C'est important de faire des mises à niveau et de réinvestir. La période est propice pour développer nos milieux », poursuit la ministre Bouthillier.

La députée cible particulièrement les infrastructures de transports, le logement pour personnes âgées, la réfection de réseaux d'aqueduc et d'égouts, le tourisme et les pêches. Ces secteurs, estime-t-elle, ont besoin d'être mieux soutenus.

Des consultations régionales prébudgétaires

De son côté, le député Rémi Massé a effectué une tournée de la région au début janvier 2016 et a pu discuter avec une centaine de personnes - élus, groupes sociaux, organismes de développement -, afin de dégager quelles devraient être les priorités d'investissements de son gouvernement dans la région.

Il voulait notamment s'assurer de porter le bon message à son collègue et ministre des Finances Bill Morneau, et de présenter les bons éléments aux autres ministres. « Nos dossiers sont examinés de près par les cabinets respectifs », souligne le député.

Les discussions sur le terrain ont permis de confirmer le besoin d'investissements dans les infrastructures et les transports, notamment en ce qui concerne la restauration du rail gaspésien. Les participants ont aussi souligné le problème du transport d'électricité. La désuétude de certaines infrastructures empêche l'exportation des surplus d'électricité hors de la région, ont-ils avancé.

Les rencontres du député ont aussi fait émerger les difficultés liées aux télécommunications. Plusieurs communautés n'ont pas accès aux services de téléphonie cellulaire et Internet à haute vitesse est loin d'être implanté partout.

Les participants ont demandé au député de faire pression auprès de son gouvernement pour que la région soit aussi bien connectée que les grandes villes. Plusieurs y voient un obstacle grave à l'implantation d'entreprises et au développement économique de la Gaspésie et des Îles.

Innovation

Enfin, les Gaspésiens consultés souhaitent se tourner vers l'innovation technologique pour le développement et la croissance économique de la région. En fait, déjà plusieurs centres de recherche de la circonscription travaillent sur des projets novateurs dans les domaines de l'imagerie numérique, de la foresterie ou le développement territorial.

Comme beaucoup d'autres centres en région, la diminution des subventions à la recherche freine leur croissance, puisque l'argent qui reste est souvent attribué prioritairement aux centres de recherche plus importants et situés en centre urbain. La consultation a permis aussi de faire ressortir le besoin d'un meilleur soutien financier aux modèles d'incubateur ou d'accélérateur d'entreprise et à la mise en marché des produits et services de haute technologie.

Le député s'est aussi donné comme mission de rapport les besoins exprimés par les familles, les préoccupations par rapport à l'érosion des berges et le développement de la main-d'œuvre. Rémi Massé note aussi dans son document les besoins particuliers de la communauté micmaque de Gesgapegiag.
« J'ai confiance parce qu'on a réitéré que, malgré le contexte économique difficile, la priorité du gouvernement, c'est d'investir pour stimuler notre économie. C'est en créant des emplois durables chez nous qu'on va être capables de relancer la boucle économique », fait valoir Rémi Massé.

Pauvreté et endettement

Les Gaspésiens, note Rémi Massé, disposent par ailleurs des plus bas revenus au Québec.

Il trouve la situation économique des Gaspésiens préoccupante, notamment leur taux d'endettement élevé.

Le député estime donc que les Gaspésiens ont maintenant besoin d'un véritable coup de pouce. « On fait les pressions nécessaires pour s'assurer que la Gaspésie puisse avoir non seulement son mot à dire, mais sa part des projets », conclut Rémi Massé. 

Avec la collaboration de Brigitte Dubé

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