Un peu partout au Québec, dont à Matane, aux Îles-de-la-Madeleine, à Maria en Gaspésie, des parents, des enfants, des élus et des éducateurs ont manifesté contre les compressions imposées par Québec au Réseau des centres de la petite enfance.

À Matane, une centaine de personnes ont bravé un froid mordant pour défendre leurs services de garde. Tous redoutent une diminution de la qualité des services offerts aux enfants.

La présidente du conseil d'administration du Centre de la petite enfance de Matane, Mylène Boudreau, explique que les changements imposés par Québec vont venir, entre autres, diminuer la stabilité des liens entre les enfants et les éducatrices. « Si mon jeune arrive le matin et que ce n'est jamais la même personne... », commente Mme Boudreau. Cette dernière s'inquiète aussi pour l'impact des compressions sur l'alimentation des enfants. « On est dans le virage vers de saines habitudes de vie, ça, ça prend de la formation », poursuit la mère de famille.

Moins de services, moins de personnel

Directrice du réseau des services à la petite enfance de l'Est du Québec, Hélène Blanchet craint que les CPE soient obligés de supprimer des emplois ou la formation du personnel si le gouvernement ne recule pas. « On demande l'abolition complète du 120 millions et même un réinvestissement au niveau de la petite enfance. Les coupures pour le moment on n'est plus capables d'en prendre. Soixante-quatorze millions l'an passé et 120 millions cette année c'est impensable pour le réseau », lance Mme Blanchet.

Le directeur du CPE La Marée montante de Sainte-Anne-des-Monts, Michel Rioux, fait valoir qu'avec moins d'éducatrices pour le même nombre d'enfants, les services de base seront nécessairement touchés. « Tous les services vont devoir être révisés, ça fait que c'est vraiment à ça qu'on s'attaque actuellement avec le gouvernement du Québec », croit M. Rioux.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, qui tenait à braver le froid pour soutenir les familles, ajoute que des choix préoccupants devront être faits dans des CPE comme celui de Matane notamment sur l'encadrement, la nourriture. « Sur tout ce qui est essentiel pour assurer le bien-être des enfants, poursuit le député, on est rendu là. On ne crie pas au loup. On est rendu à des choix budgétaires difficiles que des parents qui sont sur le conseil d'administration devront faire. Ce n'est pas pour ça qu'ils sont engagés dans un CPE, c'est pour les enfants. »

Pour sa part, le maire de Matane, Jérôme Landry se désole du fait que davantage de places dans les CPE de Matane seraient nécessaires pour desservir la population, mais que la création de ces places est compromise en raison des compressions. Selon le maire Landry, les enfants ont droit à un service de haut niveau et de qualité. « C'est ce qu'on veut maintenir et même réussir à développer aussi d'autres places pour que d'autres enfants puissent en profiter », indique Jérôme Landry.

Les négociations avec le gouvernement devraient se poursuivre cette semaine. Les CPE promettent d'autres moyens de pression au cours des prochaines semaines si Québec fait la sourde oreille.

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