Retour

De la Syrie à Rimouski : une famille témoigne

L'image du corps sans vie d'Alan, trois ans, a fait le tour du monde, montrant toute l'atrocité de la crise migratoire en Syrie. Fahed Martini, un Syrien qui vit à Rimouski avec sa famille, croit pourtant que ce n'est que la pointe de l'iceberg.

Un texte de Laurence Gallant

Pour Fahed Martini, arrivé au Canada en 2008, le monde n'a pas conscience que des évènements beaucoup plus graves que la crise des migrants arrivent en Syrie quotidiennement, sans qu'on le sache nécessairement. « Le pays est beaucoup plus dangereux que sur la route ou dans la mer », affirme-t-il.

Une migration justifiée

Chargé de cours en génie à l'UQAR, Fahed Martini, comme sa femme Sawsan Kara Mohamad, comprend ses compatriotes qui entreprennent une migration pour fuir la Syrie.

Selon le nouveau Rimouskois d'adoption, les bombardements, la torture et la corruption dans son pays sont des raisons suffisantes pour risquer sa vie en mer. « Il y a un rapport aux États-Unis qui le dit : il y a 11 000 personnes qui sont torturées, affamées en prison jusqu'à la mort », souligne-t-il.

Il y a quelques mois, ils ont appris que le frère de Sawsan était mort en prison depuis un an. « C'était une période très très difficile », raconte Fahed.

Inquiets pour leur famille

Sawsan et Fahed ont toujours des membres de leur famille en Syrie, même si plusieurs ont pris la route vers l'Allemagne, la Suède et l'Autriche. « J'ai une soeur qui est très âgée, elle peut pas et elle veut pas, elle préfère mourir là-bas que de quitter le pays, mais les gens qui sont avec leur petit enfant, ils essaient, d'une façon ou de l'autre », explique le Syrien.

Pour Fahed, qui a attendu sept ans avant d'obtenir son visa pour le Canada, son pays d'accueil pourrait faire plus pour accueillir des réfugiés syriens :

Plus d'articles

Commentaires