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Des chercheurs de l'UQAR se mobilisent pour la protection des sources scientifiques

Des chercheurs de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) montent au créneau pour appuyer une collègue montréalaise qu'un tribunal veut forcer à dévoiler l'identité de ses sources.

Le Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional de l'Est du Québec (GRIDEQ) a publié, jeudi, une lettre en appui à la chercheuse Marie-Ève Maillé, qui a travaillé sur l’acceptabilité sociale d’un projet éolien.

La Cour supérieure a ordonné à Mme Maillé de dévoiler l’identité de toutes les personnes interviewées dans le cadre de ses recherches au promoteur de ce projet.

Dans une lettre intitulée « Des fondements de la pratique scientifique mis en cause », le GRIDEQ, qui compte une quinzaine de chercheurs universitaires, s’inquiète des impacts de ce précédent sur la recherche en sciences sociales.

« Si, dorénavant, on ne peut pas promettre la confidentialité et l'anonymat aux gens qui acceptent de participer à nos enquêtes, ça va peut-être mettre en cause leur participation carrément. Pour nous, ça veut dire pas d'accès à certaines données qui autrement sont inaccessibles », explique la directrice du GRIDEQ, Marie-Josée Fortin.

Si on n’a pas accès à tous les points de vue, la recherche va être biaisée.

Marie-Josée Fortin, directrice du Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional, de l'Est du Québec (GRIDEQ)

Mme Fortin croit que les conséquences sont particulièrement graves pour les chercheurs qui se penchent sur des sujets d’actualité controversés, ce qui est le cas de plusieurs membres du GRIDEQ.

« Parfois, on doit se mouiller et aller sur des terrains difficiles d’accès parce qu’il y a des conflits, des tensions fortes », affirme la directrice du GRIDEQ. Elle donne l'exemple de recherches sur l’acceptabilité sociale des projets pétroliers ou du port de Cacouna.

La chercheuse heureuse de cet appui

La chercheuse Marie-Ève Maillé se réjouit de cet appui des chercheurs du GRIDEQ. « Je me sens de moins en moins isolée. Je l’ai été longtemps, mais depuis que l’information a été diffusée, j’ai reçu énormément d’appuis », dit Mme Maillé.

Ça me fait chaud au cœur de voir que je ne suis pas seule dans cette bataille-là.

Marie-Ève Maillé, chercheuse à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Marie-Ève Maillé confirme qu’elle n’a pas remis ses données de recherche. Elle a plutôt déposé une requête pour faire casser l’ordonnance de la Cour supérieure. Elle ignore à quel moment cette requête sera entendue.

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