Huit mois après la réforme du financement des Centres de la petite enfance (CPE) de la province, de nombreux CPE de l'Est du Québec ont enregistré un déficit et craignent d'en connaître un autre l'an prochain.

D'après le reportage de Patrick Bergeron

Même s'il est l'un des plus gros de la province, le Centre de la petite enfance de Rivière-du-Loup n'arrive pas à faire ses frais. Le dernier exercice financier s'est soldé avec un déficit de 41 000 $, même si d'importantes compressions ont été effectuées. Les coupes ont touché tant le personnel que les services aux enfants.

Malgré ce manque à gagner, les dirigeants sont satisfaits de leurs résultats financiers. Il y a deux ans le déficit s'élevait à 174 000 $.

Ce sont les surplus des premières années qui permettent d'éponger les dettes actuelles. « Je pense que le CPE n'est pas capable de se taper plus d'une ou deux années de déficit supplémentaire sans que ça touche profondément la liquidité et la capacité de payer du CPE », déplore la directrice générale du CPE de Rivière-du-Loup, Marie-Claude Desbiens.

Pas un cas unique

La situation dans laquelle se retrouve le CPE de Rivière-du-Loup n'est pas unique dans la région, selon la directrice du Réseau des services à la petite enfance de l'Est du Québec, Hélène Blanchet.

Au CPE des Cantons de L'Isle-Verte, les dépenses sont surveillées de près. Les dirigeants peuvent aussi profiter d'une allocation supplémentaire de Québec pour les installations de moins de 33 places dans les villes de moins de 5 000 habitants.

« C'est sûr qu'au niveau du matériel éducatif on est chanceux, affirme la directrice du CPE des Cantons, France Laflamme. Les gens de la communauté et les parents nous apportent du matériel et on fait aussi des campagnes de financement ».

Pas assez d'enfants

Les responsables de ces CPE craignent aussi de voir leurs subventions amputées s'ils n'atteignent pas le taux d'occupation de 80 % que souhaite le gouvernement.

Plusieurs CPE atteignent difficilement cette cible. « Chaque fois où on va baisser en bas de 80 %, chaque tranche de 1 %, c'est 22 000 $ de pénalité financière », résume Marie-Claude Desbiens.

Or, les dirigeants des CPE ne sauront qu'à la fin de l'année financière s'ils ont atteint le taux d'occupation requis. Par conséquent, plusieurs dirigeants redoutent de mauvaises surprises à la fin de l'année financière.

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