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Des individus cagoulés dressent une barricade sur le site de Junex en Gaspésie

Un groupe d'activistes antipétrole bloque depuis dimanche l'accès au puits Galt no 4 de Junex, près de Murdochville. Des troncs d'arbres ont été installés sur la route.

Une dizaine d’individus masqués empêchent les travailleurs de Junex d'accéder aux installations situées à environ 20 km de Gaspé. D’autres manifestants auraient installé un campement sur le site du puits no 4..

Le groupe a aussi lancé un appel aux environnementalistes et aux communautés autochtones afin qu’ils rejoignent leur campement.

Un campement de soutien, à la jonction de la route 198, a ainsi été mis sur pied par Environnement vert plus, mardi, en fin de journée.

Le mouvement écologiste Tache d’huile a aussi fait connaître son soutien au mouvement.

Les manifestants qui se définissent comme « des protecteurs et protectrices de l'eau » réclament la fin immédiate de tous les travaux d’exploitation gazière et pétrolière en Gaspésie et plus particulièrement ceux en cours à la propriété Galt de Junex, un des projets d’exploration les plus avancés au Québec.

Selon leur communiqué, les activistes disent aussi occuper le site « afin de réaffirmer la souveraineté Micmaq sur les propriétés illégitimes de Junex ».

À Gaspé, la chef des Micmacs de Gespeg, Manon Jeannotte, a indiqué ne pas avoir été informée de cette action qui reste toujours anonyme. « Je cherche à avoir de l’information et je n’en ai pas. Nous ne sommes pas associés aux gens qui bloquent la route. Dans les prochaines semaines, nous allons voir ce que nous ferons », a commenté Mme Jeannotte.

Les organisateurs de cette action n’ont pas voulu parler aux médias jusqu’à présent. Les policiers de la Sûreté du Québec les ont rencontrés en soirée, mardi.

Appui d'Environnement vert plus

Le groupe gaspésien Environnement vert plus se mobilise pour appuyer les manifestants.

Pascal Bergeron, porte-parole du groupe, rappelle que les environnementalistes de la Gaspésie réclament depuis plusieurs années des consultations publiques sur les projets d’exploitation ou d’exploration gazière et pétrolière en cours dans la région.

« On est dans les préludes de la fracturation ici », commente M. Bergeron, qui dénonce les conséquences globales et locales de l’exploitation pétrolière.

L’environnementaliste dénonce aussi l’investissement gouvernemental dans les projets comme ceux de Junex.

« Ces projets n’existeraient pas si Ressources Québec ne les finançait pas, et il finance actuellement à hauteur de 60 % », relève Pascal Bergeron.

La filiale d’Investissement Québec, Ressources Québec, annonçait effectivement, vendredi dernier, un investissement de 8,4 millions dans l’exploration de la propriété Galt.

Environnement vert plus entend rester en place aussi longtemps que nécessaire, assure Pascal Bergeron.

Comme les initiateurs du mouvement, Pascal Bergeron souhaite que d’autres gens participent au mouvement. « On invite les gens à nous rejoindre, à nous apporter de la nourriture. On va voir avec le temps ce dont on a besoin avec les gens qui vont converger en Gaspésie », lance M. Bergeron.

Les instigateurs de cette contestation contre l’exploitation pétrolière en Gaspésie ont aussi lancé une campagne de sociofinancement. Ils souhaitent recueillir 20 000 $.Pour l’instant, les policiers ne comptent pas déloger les manifestants du campement situé sur la route et le site Galt ni ceux du campement de soutien d’Environnement vert plus situé au bord de la 198 et de la route qui mène à Galt.

Pour sa part, le président et chef de la direction de Junex, Jean-Yves Lavoie, a indiqué qu'il était au courant du blocage, et qu'il avait avisé les autorités concernées. Il n'a pas voulu commenter davantage.

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