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Des monologues pour donner une voix à la pauvreté

Il est difficile, pour les gens qui la vivent, de parler de la pauvreté. Le projet Prends ça pour du CA$H, coup de théâtre sur la pauvreté et l'exclusion, leur donne une voix. Il brise le tabou en présentant une suite de monologues inspirés de conversations tenues en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Un texte de Brigitte Dubé

Ils seront présentés en première mercredi soir à 19 h, à la Maison de la Culture de Sainte-Anne-des-Monts. Ils seront lus par des citoyens de la Haute-Gaspésie sensibles aux questions de pauvreté et d'exclusion.

Les monologues ont été écrits à partir d'échanges avec 200 Gaspésiens et Madelinots vivant dans la pauvreté. L'enquête a été menée en collaboration avec le Centre d'initiation à la recherche et d'aide au développement durable (CIRADD) de la Gaspésie.

Ces entretiens ont été réalisés dans la confidentialité et le respect de la dignité de chacun.

La chargée de recherche Jacqueline Bouchard, s'est inspirée des « Monologues du vagin », dont elle a déjà fait la mise en scène. « Ils ont donné une voix aux femmes sur un sujet tabou, rappelle-t-elle. « Plus les femmes ont pris la parole, moins elles ont eu honte de leur situation. »

Préjugés tenaces

Des préjugés tenaces maintiennent l'impression que les gens se retrouvent dans cette situation par manque d'efforts. Jacqueline Bouchard a constaté que c'était tout le contraire. « En général, les gens s'acharnent à retourner sur le marché du travail. Ils ont participé à toutes sortes de programmes et de formations, mais ça ne fonctionne pas toujours. Ce n'est pas que tu abandonnes, mais tu deviens décrocheur à différents degrés, à force d'essayer », déplore-t-elle.

Mais, en même temps, elle remarque que les gens ont beaucoup d'espoir. « Je suis sur l'aide sociale, mais c'est en attendant », disent-ils.

On ne parle pas de pauvreté en Gaspésie

Jacqueline Bouchard a remarqué des subtilités de langage chez les Gaspésiens. « En Gaspésie, on n'est pas pauvres. Ça ne se dit pas comme ça. On n'est pas riches riches. On est, disons... à la cenne », interprète-t-elle.

Mme Bouchard remarque que les nombreuses compressions annoncées par les gouvernements ont affecté le moral des personnes qui se battent pour surmonter la pauvreté. « La classe moyenne y a goûté et ça enlève de l'espoir à ceux qui aspirent à y accéder », mentionne-t-elle.

Jacqueline Bouchard espère voir ses monologues dépasser les frontières de la Gaspésie, qu'ils soient lus lors de rassemblements par exemple, afin d'inspirer d'autres personnes et organismes.

D'après une entrevue réalisée par Isabelle Lévesque, à l'émission Bon pied bonne heure

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