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Des réfugiés à la banque alimentaire de Rimouski

La banque alimentaire de Rimouski voit depuis quelques mois une nouvelle clientèle : des réfugiés parrainés par l'État qui peinent à joindre les deux bouts avec le chèque d'aide sociale qu'ils reçoivent.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

Depuis environ six mois, Moisson Rimouski-Neigette reçoit des demandes d'aide alimentaire de la part d'une dizaine de familles de réfugiés parrainés par l'État.

Le directeur général de l’organisme, Louis Vézina, souligne que les réfugiés représentent une très faible proportion des demandes. Son organisme vient en aide à environ 500 ménages chaque mois.

« Pour nous présentement, c'est marginal. Ça ne nous amène pas de surplus, ça ne déstabilise pas nos services et ça n'affecte absolument pas nos autres clients », insiste M. Vézina.

Le phénomène n'est pas unique à Rimouski. À l'échelle de la province, 26,6 % des utilisateurs des banques alimentaires sont des immigrants ou des réfugiés, selon le Bilan-Faim Québec 2017.

Des revenus insuffisants?

La Ville de Rimouski a accueilli 38 réfugiés parrainés par l’État depuis qu’elle a été désignée comme ville d’accueil par le gouvernement provincial, en janvier 2017. Ces nouveaux arrivants sont originaires du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de Guinée et de Colombie.

La directrice générale de l'organisme Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent, Mahnaz Fozi, explique que les revenus de ces nouveaux arrivants se limitent généralement à l'aide sociale pendant qu'ils suivent leurs cours de francisation. Ces cours, offerts à temps plein, durent généralement un an. Ils ont aussi droit à une aide pour s’installer au Québec.

Mme Fozi ajoute qu'il est important que ces réfugiés maîtrisent le français avant de joindre le marché du travail. « Tant qu'ils ne sont pas francisés, on ne peut pas les amener vers le marché de l'emploi », soutient-elle.

Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent veut d’ailleurs organiser des ateliers de cuisines collectives pour permettre aux réfugiés d’apprendre à cuisiner avec les aliments qui leur sont donnés par les banques alimentaires. « On doit leur apprendre comment utiliser ces aliments-là [parce que] certains sont nouveaux pour eux », explique Mme Fozi.

Les 11 réfugiés syriens arrivés à Rimouski en vertu d’un parrainage privé représentent un cas différent, puisqu’ils sont sous la responsabilité financière de leurs parrains pour la première année suivant leur arrivée.

Pas d’aide additionnelle

Interpellé à ce sujet, le maire de Rimouski, Marc Parent, ne croit pas que la Ville doit offrir une aide financière supplémentaire aux réfugiés pour l’instant.

« Je pense qu'il serait mal perçu par la population que les réfugiés reçoivent une aide de dernier recours qui est supérieure à ce que nos résidents du Québec qui sont déjà aux prises avec des problématiques financières importantes, reçoivent », affirme M. Parent.

Le ministre québécois de l’Immigration, David Heurtel, souhaite de son côté permettre aux réfugiés de trouver un emploi plus rapidement. « C’est de mettre ces gens-là au travail, comment on peut accompagner les forces vives, les entreprises qui ont besoin de main-d’œuvre », illustre-t-il.

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