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Des résidences d’hébergement privées au bout du rouleau

Problème de recrutement, de rémunération, de rétention et de formation, les établissements de soins en ressources intermédiaires qui hébergent des personnes vulnérables, souvent lourdement handicapées, crient à l'aide.

Un texte de Joane Bérubé avec la collaboration de Michel-Félix Tremblay et de Sylvie AubutLes gestionnaires de ces foyers demandent l'intervention rapide du gouvernement afin d’être en mesure de mieux payer leurs préposés aux bénéficiaires. Les responsables de ces ressources d’hébergement croient qu’il en va de la dignité des personnes vulnérables.

Propriétaire de trois maisons de soins en ressources intermédiaires à Matane, Natacha Dumais se voit un peu comme le pont entre le domicile familial, où ces personnes ne peuvent plus vivre, et le CHSLD.

La clientèle est multiple et aux prises avec de graves problèmes qui limitent leur autonomie. Chez Mme Dumais, les personnes hébergées sont, par exemple, atteintes de déficiences intellectuelles importantes.

Elle estime que la qualité de ses services est mise en péril par la difficulté de recruter et de retenir son personnel.

Natacha Dumais, qui est aussi membre du comité de consultation pour les ressources intermédiaires du Québec, raconte avoir récemment perdu une employée.

Celle-ci a quitté son emploi pour le secteur public où, selon Mme DUmais, les conditions sont nettement plus avantageuses. « On parle du double du salaire avec des responsabilités beaucoup moins importantes que chez moi. En CHSLD, au public, les préposés aux bénéficiaires n’administrent pas de médicaments, ne donnent pas d’insuline, ne font pas de glycémie », explique Mme Dumais.

Réembaucher une nouvelle ressource n’est pas sans conséquence sur les services, ainsi que sur les frais de fonctionnement de la résidence.

Mme Dumais et d’autres propriétaires des MRC de la Matanie et de la Matapédia ont rencontré le député de Matane-Matapédia pour le sensibiliser au problème.

Appui du député Pascal Bérubé

Le député Pascal Bérubé s’est montré très ouvert aux doléances des propriétaires de résidences privées d’hébergement. « Ce sont des très petites installations avec peu d’employés, mais surtout beaucoup de cœur. Elles sont partout sur le territoire et si elles n’étaient pas là, le réseau de la santé ne pourrait pas accueillir toutes ces personnes », souligne le député.

Certaines résidences sont gérées par des organismes sans but lucratif (OSBL), d’autres par des propriétaires privés. L’hébergement est payé par le ministère de la Santé.

L'entente nationale qui régit les conditions des Ressources intermédiaires est échue depuis 2015. Les négociations avec le gouvernement sont au point mort.

L’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec organisera un rassemblement sur la colline parlementaire le 22 novembre prochain.

L’objectif premier est de reprendre les négociations. L’Association évalue ces demandes globales à 15 millions de dollars.

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