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Disparition de la ville de Gagnon : plus de 700 personnes attendues à Sept-Îles

Il y a trente ans la ville minière de Gagnon située sur la Côte-Nord à 300 km au nord de Baie-Comeau était rayée de la carte, victime de la crise du fer, après 25 ans d'existence. Trente ans plus tard c'est plus de 700 personnes qui se rassemblent à Sept-Îles pour se souvenir.

La compagnie Sidbec-Normines, qui exploitait le gisement de Fire Lake, a dû cesser ses activités en 1984. La fermeture de la municipalité de Gagnon, dont l'économie reposait uniquement sur l'extraction du fer, a été inévitable. Un an plus tard, la ville était rasée au complet.

Cette fermeture a été évènement traumatisant pour les habitants. L'organisatrice des retrouvailles pour l'anniversaire de la disparition de la ville de Gagnon, Yvette Plourde se souvient de ce moment douloureux. Elle avait 20 ans lorsque la ville a été détruite.

« Il y a eu des dépressions qui se sont faites, il y a des gens qui se sont enlevé la vie, parce que pour eux c'était chez eux, ils ne voulaient pas partir », raconte-t-elle.

Pour elle, le plus difficile a été d'aller refaire sa vie ailleurs.

« Ce qui a été le plus dur, c'était de décider à quel endroit on allait, où on poserait nos valises », ajoute-t-elle.

Pour Yvette Plourde, l'organisation des retrouvailles des anciens de la ville de Gagnon lui permet de continuer à faire vivre la ville.

Une communauté soudée

Yvette Plourde se rappelle que la population était très attachée à la ville. La majorité des habitants travaillaient pour la compagnie minière Québec Cartier. « Tous le monde se connaissait, même les agents de police étaient paternels lorsqu'ils nous réprimandaient », se souvient-elle amusée.

Jean Poulin était l'un des membres d'une des premières familles qui s'est installée à Gagnon. C'est l'esprit de solidarité des habitants qui l'a le plus marqué.

« Les 4500 résidents de Gagnon on était tous des amis, on se connaissait tous, on était tous des chums, on jouait tous au hockey, on jouait tous à la belle, c'était comique de dire ça, mais à Gagnon on jouait tous au Curling », témoigne-t-il le sourire aux lèvres.

Les générations suivantes

Les anciens habitants de la ville de Gagnon se rencontrent presque chaque année pour faire revivre la ville, le temps de quelques retrouvailles. Mais Jean Poulin est conscient qu'il viendra un jour où la tradition se perdra.

« Ma réponse va peut-être, être triste un peu, je ne crois qu'elle [ma fille] va parler de ça. Parce qu'en réalité pour eux autres, ils sont venus au monde là et c'est fini, on en parle plus, mais ce n'est pas comme ça pour nous autres qui y avons vécu », a-t-il conclu.

Un reportage d'Alix-Anne Turcotti

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