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Divergence de point de vue concernant les bains dans un CHSLD de la Gaspésie

Le rapport du Protecteur du citoyen concernant les centres d'hébergement en Gaspésie ne laisse personne indifférent. Certains considèrent ce rapport très sévère tandis que d'autres minimisent son importance.

L'équipe de direction du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie et le président du Comité des usagers, Camille Leduc, insistent sur le fait que le Protecteur du citoyen ne constate rien d'alarmant et que personne n'est en danger dans son rapport où 19 recommandations ont été émises.

Pourtant, un point particulier du rapport fait réagir.

Jusqu'à l'été dernier, il était de pratique courante de ne pas donner de bain au Centre d'hébergement Mgr-Ross de Gaspé.

Pour M.Leduc, c'est une histoire du passé. Il précise que les résidents ont reçu des soins d'hygiène, malgré tout. « Ils ont été lavés dans leur lit », indique-t-il.

On peut être d’accord ou pas avec la procédure, mais ça, ç’a été réglé. C’est un problème dans un endroit.

Camille Leduc, président du Comité des usagers, CISSS de la Gaspésie

Un rapport sévère

Toutefois tous ne sont pas de cet avis. Pour bien des intervenants, c'est un rapport sévère qui est le résultat des compressions du gouvernement.

Le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l'Est du Québec a appris les conclusions du rapport avec soulagement, parce que ça fait des années que sa présidente dénonce la situation.

Maintenant, le Parti québécois demande un réinvestissement en santé. La Coalition avenir Québec exige de son côté deux bains par semaine pour ceux qui le désirent.

Pour le directeur général du regroupement, Pierre Blain, le rapport du Protecteur du citoyen donne un verdict « très sévère » de la situation en Gaspésie.

Qu’on ne vienne pas me dire qu’en 2017, avec tout ce qui s’est passé dans les médias, qu’on n’est pas encore capable de donner un bain à une personne âgée une fois par semaine.

Pierre Blain, directeur général du Regroupement provincial des comités d'usagers

Selon Pierre Blain, cette situation s’explique par une mauvaise culture organisationnelle du Centre d’hébergement Mgr-Ross.

Pour contrer le problème, une réorganisation du travail s’impose, selon le directeur du Regroupement des comités d’usagers.

Il cite en exemple la charge de travail des infirmières qui semble disproportionnée, selon lui. Elles assurent des tâches de préposés, ce qui entraîne une surcharge, croit le directeur.

Le directeur n’explique pas les pratiques des établissements en Gaspésie par les coupes budgétaires dans le milieu de la santé.

Cependant, il s’interroge sur les budgets octroyés aux établissements qui seraient dans les plus bas dans la province. Il considère que le budget n’est pas équitable comparativement au budget alloué aux grands centres.

Un des rôles des comités des usagers dans les établissements est d’évaluer la satisfaction de la clientèle. Selon lui, ces outils pourraient être utilisés par la direction des établissements pour rectifier le tir de manière continue.

Le CISSS de la Gaspésie satisfait du rapport

Les informations relatées dans le rapport étaient connues du CISSS, selon la présidente-directrice générale Chantal Duguay.

Ce que le Protecteur du citoyen a soulevé, ce sont des cas isolés dans un contexte qui mériterait d’être expliqué.

Chantal Duguay, présidente directrice générale du CISSS de la Gaspésie

Depuis l’été 2016, le Centre d’hébergement Mgr-Ross de Gaspé avait cessé d’offrir uniquement des soins d’hygiène au lit des résidents. Cependant, un problème d’équipement employé pour fournir des bains a été à l’origine d’un accident. Pour cette raison, son utilisation a été suspendue laissant ainsi une vingtaine de résidents sans accès à un bain avec immersion dans l’eau.

Selon la présidente-directrice générale du CISSS, il n’y a aucun élément majeur qui est ressorti du rapport du Protecteur du citoyen ni même des rapports du ministère de la Santé et des services sociaux.

La majorité de ce qui est ressorti, nous étions au courant. La plupart est soit déjà réglé ou soit en processus de solution.

Chantal Duguay, présidente directrice générale du CISSS de la Gaspésie

Des plans d’amélioration continue ont été mis en place à la suite des visites du ministère dans les établissements à l’été 2016.

Les visites des établissements par le ministère doivent se faire au trois ans. Les visites des établissements sont à jour, selon cette directive, à l’exception du Centre d’hébergement de Maria où la visite a été effectuée en 2013.

Le CISSS confirme qu’il sera en mesure de respecter les délais exigés par le Protecteur du citoyen pour remédier aux problèmes soulevés dans son rapport.

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