Le projet Chaîne de vie profite de la journée mondiale du don d'organes et de la greffe pour recueillir des fonds afin de sensibiliser les jeunes aux dons d'organes.

Un texte de Joane Bérubé

Dimanche matin, des équipes-étendard, composées entre autres de personnes greffées, de familles de donneurs et de bénévoles, se sont rassemblées au pied de 12 montagnes du Québec pour aller planter le drapeau Chaîne de vie à leur sommet.

La fondatrice de ce programme pédagogique de sensibilisation au don d'organes et de tissus s'adressant aux jeunes âgés de 15 et 16 ans est une enseignante en anglais à la polyvalente de Rivière-du-Loup.

En 2006, Lucie Dumont reçoit dans sa classe un jeune garçon de Toronto en attente d'une greffe du foie. La situation la touche.

Elle décide alors de créer un site Internet et une unité pédagogique destinée aux enseignants en anglais de quatrième secondaire.

Huit ans plus tard, le programme de sensibilisation des jeunes rejoint le quart des écoles du Québec. Les jeunes, explique Mme Dumont, deviennent les ambassadeurs du don d'organes à la maison. « Il reste à déployer l'unité dans l'ensemble du Québec, à former de nouveaux enseignants », précise Lucie Dumont.

Le courage de grimper

C'est ainsi qu'est née, l'an dernier, l'activité de financement Défi Chaîne de vie et cette idée de demander aux gens de grimper une montagne près de chez eux.

Pour Mme Dumont, la montagne est une métaphore sur le courage et la ténacité de ceux qui sont en attente d'une greffe.

C'est pour cette raison que 10 grimpeurs de l'Everest ont été associés au programme Chaîne de vie. Ils iront dans les écoles rencontrer les élèves pour discuter avec eux de persévérance, mais aussi de l'importance de se garder en forme pour prévenir les maladies.

Matane et Saint-André-de-Kamouraska

Une soixantaine de personnes ont grimpé le mont Castor, à Matane, dimanche matin, pour la région Gaspésie-Les Îles. C'était la première fois que l'activité avait lieu à Matane. Une personne greffée du coeur de Bonaventure, Carolle Babin, et les proches d'un donneur de Carleton ont aussi grimpé le mont Castor.

Greffé du rein il y a 18 ans, Marcel Lamarre était aussi de la partie. Il est le cinquième greffé de la même famille. « Comme j'étais un greffé et qu'il y a des membres de famille qui sont en attente, c'était important pour moi de m'impliquer. Un organe qui est donné sauve une vie. »

Environ 125 personnes ont aussi grimpé une montagne sur les battures de Saint-André-de-Kamouraska, où se déroulait l'activité pour le Bas-Saint-Laurent. Le Défi qui se déroulait samedi à Montréal, sous la présidence de l'animatrice bien connue Isabelle Maréchal, a attiré au-delà de 200 personnes.

Succès de participation

L'activité cette année permettra de récolter environ 50 000 $. « Disons que ce n'est pas le défi Pierre Lavoie, mais on est une petite équipe et on a un beau succès de participation », souligne Lucie Dumont. D'après les premières estimations, plus de 1000 personnes ont répondu à l'appel.

Seulement 0,8 % des décès surviennent dans des conditions permettant le don d'organe. « On a cinq fois plus de chances d'être susceptibles d'avoir besoin d'un don d'organes que dans donner un », souligne Mme Dumont. Signer sa carte de dons est loin d'être suffisant, ajoute-t-elle puisqu'environ 40 % des familles des donneurs potentiels refusent le prélèvement d'organes.

Ce n'est pas une situation facile, relève l'enseignante : « Jamais les médecins ne vont faire fi des familles et le temps est calculé, on ne veut pas bousculer les gens, mais c'est différent quand ils ont été informés ».

Un donneur d'organes peut sauver jusqu'à huit vies différentes.

D'après Mme Dumont, le succès du don d'organes passe donc par l'éducation des jeunes et de leur famille. C'est, dit-elle, ce que démontrent plusieurs recherches dans d'autres pays.

Il y aurait près de 1000 personnes en attente d'une greffe au Québec.

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