Plus de la moitié des enseignants de l'école de Schefferville ne seront pas de retour à la prochaine rentrée scolaire.

Le conseil de bande de la communauté innue de Matimekush-Lac John ne renouvellera pas le contrat de 12 des 22 enseignants puisqu'ils n'ont pas de baccalauréat en éducation ou de formation équivalente.

Le chef de la communauté, Réal McKenzie, justifie cette décision par des plaintes répétées de parents d'élèves. Ces derniers exigent que les professeurs détiennent un permis d'enseignement.

Titulaire d'un baccalauréat et d'une maîtrise en études littéraires, Émilie Hamel fait partie des 12 enseignants remerciés.

« À la suite d'un appel que j'ai fait au directeur d'école, j'ai appris que je perdais mon emploi. À ce moment-là, il m'a envoyé une lettre officielle de l'école par courriel qui confirmait que mon contrat n'était pas renouvelé dans le fond pour l'année 2016-2017 », indique-t-elle.

Elle est établie à Schefferville avec son conjoint. « On a un bébé de sept mois ensemble », souligne-t-elle.

Émilie Hamel souligne que les professeurs embauchés ont su s'adapter à la vie culturelle de la communauté et se créer au réseau d'amis.

Recrutement difficile

Le recrutement de professionnels s'avère difficile à Schefferville, une communauté isolée située à 500 kilomètres au nord de Sept-Îles.

Toutefois, le chef de Matimekush-Lac John, Réal McKenzie, demeure convaincu qu'il réussira à trouver 12 nouveaux enseignants au cours des prochains mois.

« Pensez-vous que s'ils avaient eu un permis d'enseignement je les aurais remerciés? Bien non, c'est précieux ces gens-là quand ils viennent travailler chez nous dans le nord du Québec pour venir enseigner à nos enfants », souligne-t-il.

Il entend respecter la volonté des parents d'avoir des professeurs qualifiés pour la prochaine année scolaire.

Avec les informations de Marlène Joseph-Blais.

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