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Dur retour pour six Bas-Laurentiens, de retour de mission en Haïti

De retour d'Haïti il y a quelques jours à peine, le pasteur Clermont Deschênes, de Mont-Joli, revient sur son plus récent voyage avec cinq autres bas-laurentiens, pour venir en aide aux victimes de l'Ouragan Matthew.

Depuis 17 ans, Clermont Deschênes se rend deux à trois fois par année à Tiverny, en Haïti, village qui a été pris en charge par sa mission, toujours en collaboration avec la population sur place. Du 2 au 30 novembre, il y est retourné avec cinq bénévoles dont deux infirmières, tous originaires du Bas-Saint-Laurent.

Avec l’arrivée d’une nouvelle catastrophe, l’aide était d’autant plus la bienvenue dans ce pays qui peine à se relever.

C’était la destruction comme on ne pouvait pas imaginer, c’est l’ouragan le plus dur qu’ils ont jamais vu dans le secteur.

Clermont Deschênes, pasteur

Selon M. Deschênes, l’hôpital et le reste des installations de Mission Haïti, chapeautée par son église évangélique, ont contribué à la survie de 1000 Haïtiens, après le passage de l’ouragan. Dans le secteur de Tiverny, malgré la peur générale, tous les habitants ont survécu, assure le pasteur.

Des dons gérés « sévèrement »

Environ 250 000 dollars de dons ont été amassés partout au Québec pour rebâtir le village de Tiverny. Avant même l'arrivée des bénévoles au mois de novembre, des blocs de béton ont été assemblés en vue de construire des maisons.

« L’argent va à 100 % pour la reconstruction », assure Clermont Deschênes. L’argent est géré « sévèrement » par une comptable québécoise qui est restée en Haïti, en compagnie de son conjoint électricien.

On veut rendre compte à nos donateurs. […] La plupart des gens pensent que ça se rend pas, et ils arrêtent de donner.

Clermont Deschênes, pasteur

Un conteneur rempli de matériel et de médicaments, envoyé du Québec en octobre, est arrivé trois semaines en retard en Haïti, raconte M. Deschênes. Un deuxième avec des matériaux de construction est parti ce samedi et arrivera début janvier.

À Tiverny, 120 maisons sur 200 étaient rasées dans le village. Le but de Mission Haïti, dans les prochains mois, est de construire deux nouvelles maisons par semaine, pour atteindre le nombre de 150.

L’objectif, c’est de ne pas laisser personne à découvert dans le secteur où on est.

Clermont Deschênes, pasteur

L’organisation de Clermont Deschênes s’est associée aux « boss maçons », des entrepreneurs haïtiens, pour construire de nouvelles maisons.

Aux prises avec le « syndrôme du missionnaire »

De retour au Québec, Clermont Deschênes explique que certains bénévoles doivent combattre un « syndrôme du missionnaire », sous le choc de cette autre réalité occidentale.

Il y en a qui pleuraient, il y en a qui ont trouvé ça dur de s’adapter au début, mais après ça ils voulaient plus partir, tu t’attaches aux enfants.

Clermont Deschênes, pasteur

« En Haïti, les relations humaines, c’est ce qui a de plus précieux, ils ont plus rien, ils aiment beaucoup parler aux gens, ils aiment beaucoup raconter leur histoire, ils aiment beaucoup savoir qui est on est, [ce] qu’on fait », explique le pasteur de Mont-Joli.

Clermont Deschênes retournera en Haïti le 4 janvier prochain, cette fois en compagnie de 70 bénévoles du Québec et de l’Ontario, qui contribuent également financièrement à la reconstruction.

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