Même si certaines entreprises du secteur éolien traversent une phase de ralentissement, ce n'est pas le cas de toutes. Au contraire. Le fabricant de tours d'éolienne Marmen estime que 2016 sera la meilleure année de l'entreprise depuis sa création.

Un texte de Joane Bérubé

Marmen, qui possède des usines de tours à Matane, à Trois-Rivières et à Brandon, au Dakota du Sud, est d'ailleurs à la recherche de personnel pour ses deux usines du Québec pour à peu près tous les types d'emploi, indique le PDG de l'entreprise, Patrick Pellerin.

L'entreprise a d'ailleurs annoncé en février la création de 70 nouveaux postes à la suite de l'obtention d'un nouveau contrat.

Le PDG tient à le dire : « Tout ne va pas mal dans l'éolien. »

La clef, c'est l'exportation 

Presque toute la production de Marmen prend le chemin des États-Unis. L'entreprise a pris le virage de l'exportation il y a plusieurs années et a même fait en 2013 l'acquisition d'une usine aux États-Unis.

La croissance de Marmen suit donc le marché mondial, selon Patrick Pellerin. « Dans le monde, dit-il, le marché de l'éolien, c'est phénoménal. C'est plus gros que l'électricité, plus gros que le gaz naturel. »

Patrick Pellerin juge que le marché américain est très ouvert et les occasions d'affaires sont là. Il s'installera plus d'éoliennes au cours des cinq prochaines années qu'au cours des cinq dernières, souligne Patrick Pellerin.

Le principal obstacle, explique le PDG, est le transport. « La qualité de ce qu'on fait au Québec, autant à Matane et à Trois-Rivières, est considérée comme ce qui se fait de mieux dans le monde, mais les frais de transport nous désavantagent. »

Les composants d'éolienne comme les pales et les tours sont énormes et les coûts de transport pèsent lourd, d'autant plus que le principal marché aux États-Unis est situé dans les états du centre, loin de Trois-Rivières et de la Gaspésie.

Par contre, la baisse du dollar canadien ainsi que les installations portuaires de Matane et de Trois-Rivières font contrepoids. « On exporte des tours à des endroits qui n'étaient pas accessibles il y a deux ans. Le transport par bateau, couplé à la baisse du dollar, a ouvert de nouveaux marchés pour l'éolien. Ça, c'est très bien », commente Patrick Pellerin.

Ralentissement du marché québécois

Si son entreprise va bien, il n'est pas surpris des problèmes de certains autres industriels. « C'était écrit dans le ciel. Ce qui se passe, c'est un réajustement du marché, c'était prévisible que cela allait arriver il y a deux, trois ans et c'était prévisible que cela allait arriver en 2016 », soutient-il.

En fait, l'annonce, en 2014, d'un développement de 800 MWh d'énergie éolienne pour le Québec annonçait aussi le creux que vit actuellement l'industrie, après les années d'expansion de 2006 à 2013, explique l'homme d'affaires. « Tout le monde qui a regardé ça a compris que c'était impossible que les entreprises manufacturières puissent continuer comme elles étaient si elles n'exportaient pas. Il n'y a pas d'espace, il n'y a pas assez de travail », fait valoir M. Pellerin.

À l'époque, les industriels espéraient tout de même des mégawatts supplémentaires afin de consolider l'industrie

Devant l'absence de nouveaux développements, Patrick Pellerin constate que ce sont les usines qui n'ont pas pris le virage de l'exportation qui finalement mettent à pied leur personnel. La politique énergétique que Québec doit déposer ne réglera rien à court terme, juge-t-il : « C'est pour après 2018. Est-ce que le ralentissement va se maintenir? C'est ce que la politique énergétique va nous dire. »

L'usine de Matane comptera autour de 180 employés cette année. Il s'agit d'un sommet pour cette usine qui a été construite spécifiquement pour répondre aux exigences de contenu régional des premiers appels d'offres d'énergie éolienne lancés par Hydro-Québec.

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