Retour

Éolien : une seconde rencontre avec le ministre Arcand

Le maire de Matane, Jérôme Landry, celui de Gaspé, Daniel Côté, et celui de New Richmond, Éric Dubé, se préparent à rencontrer à nouveau le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, pour discuter de l'avenir de l'industrie éolienne en Gaspésie.

Un texte de Joane Bérubé

Les trois maires ont formé ce qu'ils appellent « leur cellule d'intervention » à la suite du dépôt, en avril dernier, de la politique énergétique du Québec 2030 qui délaisse la production domestique d'énergie éolienne. Ils ont alors demandé et obtenu une première rencontre avec le ministre Arcand. Ils s'apprêtent à nouveau à s'entretenir avec le ministre pour poursuivre les discussions.

Le gouvernement souhaite donc que l'industrie éolienne québécoise se tourne vers l'exportation, notamment vers le marché américain, qui s'annonce très prometteur, malgré certaines mesures protectionnistes.

Exportations garanties 

L'une des revendications des maires de la Gaspésie est à ce propos très concrète.

Ils souhaitent qu'Hydro-Québec intègre un pourcentage de production d'énergie éolienne dans ses contrats de vente d'énergie avec la Nouvelle-Angleterre. « On sait qu'en Nouvelle-Angleterre, ils veulent de l'éolien, ils sont même prêts à payer plus cher pour l'éolien que pour l'hydroélectricité. C'est de s'assurer que les clients aient un minimum de garantie qu'il va y avoir de l'électricité produite par des éoliennes », explique le maire de Matane, Jérôme Landry.

Le projet a été sujet de discussions entre les maires de la Gaspésie et le PDG d'Hydro-Québec, Éric Martel, lors du passage de M. Martel à Sainte-Anne-des-Monts en juillet dernier. Selon le maire de Matane, le PDG de la société d'État s'est montré très ouvert à l'idée.  « Et même on regarde la possibilité de faire de la représentation ensemble en Nouvelle-Angleterre pour que les clients exigent ça lors du contrat d'achat d'énergie », poursuit M. Landry.

Des percées et des difficultés

Depuis leur dernière rencontre avec le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, les usines de composants d'éoliennes de Marmen à Matane ou de LM Wind Power à Gaspé ont toutes deux fait état de leurs percées sur le marché d'exportation.

Le maire de Matane, Jérôme Landry, estime que ces deux usines vont bien. La situation est plus complexe pour l'usine d'Enercon à Matane qui fabrique des tours de ciment.  L'usine ferme ses portes pour une période indéterminée.    

Le produit est exportable, mais au-delà d'une certaine distance, les coûts de la logistique et du transport deviennent trop importants et rendent le produit moins compétitif. « C'est sûr qu'on essaie de les aider du mieux qu'on peut, notamment via la stratégie maritime pour voir ce qu'on peut faire pour faciliter l'exportation des composants », explique le maire de Matane.

L'usine Enercon de Matane a été construite au moment où le Québec implantait 4000 MW d'énergie éolienne. La situation a changé du tout au tout. Québec pourrait lancer de nouveaux appels d'offres d'ici cinq ans seulement.

Marché domestique et réduction des gaz à effet de serre

Jérôme Landry croit que les besoins en énergie renouvelable du Québec pourraient tout de même changer assez rapidement.

Il en veut pour preuve les estimations de l'Association canadienne de l'énergie éolienne (CanWEA) qui tient compte des cibles que ce sont données Ottawa et Québec, qui vise une réduction de 37,5 %, en matière de réduction de gaz à effet de serre. « Il y a, dit-il, des entreprises qui utilisent du mazout lourd qui vont devoir se convertir à l'énergie renouvelable, ce qui fait en sorte que les besoins en électricité vont augmenter de manière importante. »

Le maire entend discuter d'ailleurs avec le ministre de la récente étude de CanWEA sur la diminution des gaz à effet de serre et l'intégration d'un plus grand pourcentage d'énergie éolienne dans le portefeuille énergétique. 

Et l'un des avantages de l'éolien, souligne le maire, c'est qu'il coûte maintenant moins cher que la production hydroélectrique.

« Même les gens de la CAQ ont reconnu lors des audiences sur la loi 106 [projet de loi sur la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030] que l'éolien coûtait moins cher », ajoute Jérôme Landry, pour qui il reste tout de même du travail à faire pour convaincre la population des avancées de l'industrie sur le plan de la compétitivité.

Plus d'articles

Commentaires