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Épicerie trop chère, Moisson Rimouski-Neigette revoit son menu

La hausse du prix des aliments cause bien des maux de tête aux banques alimentaires. Certaines d'entre elles n'ont plus les moyens d'acheter du chou-fleur, du brocoli ou même du steak haché. 

La responsable des cuisines collectives chez Moisson Rimouski-Neigette, Pâquerette Mainville, doit faire des pieds et des mains pour modifier ses recettes. « Du chou-fleur et du brocoli, on n'en met pas ou on en met très peu », dit-elle.

« On essaie aussi de trouver des alternatives au steak haché pour que nos participants aient à peu près les mêmes portions, pour ne pas que les portions soient trop rapetissées », ajoute-t-elle. « C'est sûr qu'il y a le tofu qui est une alternative, mais ce n'est pas dans tous les groupes que ça passe. Les lentilles, ça peut être un autre choix pour remplacer le steak haché. »

Mme Mainville note une hausse substantielle du prix des aliments dans les dernières semaines. « Ça fait 15 ans que je suis là, le boeuf haché je l'achetais à 99 sous. On est très loin de ça », rigole-t-elle.

Elle admet avoir réduit les portions « un petit peu », mais elle assure que son équipe continue de répondre à un standard élevé.

« J'ai des participants qui ont quand même des grandes familles de quatre, cinq, six enfants », note la responsable des cuisines collectives. « C'est sûr qu'on surveille les spéciaux. J'appelle les participants pour leur dire que telle viande ou telle viande est en spécial, il faudrait aller en chercher. Donc les participants ramassent les sous entre eux autres et vont chercher les viandes pour pouvoir avoir les cuisines qu'on a là. »

Les cuisines collectives de Moisson Rimouski-Neigette permettent notamment à des personnes à faibles revenus de partager le coût de l'épicerie et de confectionner les mets en groupe. Une personne seule doit débourser 15 $ pour obtenir une boîte de denrées, tandis qu'il en coûte 25 $ à une famille.

Difficile de dire pour combien de temps une personne peut vivre avec cette récolte. « Une personne m'a dit que ça lui avait duré un mois, à raison d'un repas par jour », soutient Pâquerette Mainville.

En 2014-2015, Moisson Rimouski-Neigette a préparé 303 368 portions de repas, pour ainsi soutenir 788 personnes, dont 220 enfants de 0 à 12 ans. 

« On a 9 groupes de 6 ou 7 personnes présentement [qui participent aux cuisines collectives], puis ça nous en prendrait 12 pour combler les besoins, mais là on n'a plus de place et on a un budget à respecter. Ce serait trop pour nous », affirme Mme Mainville.

Elle espère trouver des solutions sous peu pour ceux qui sont sur la liste d'attente.

D'après les informations de Jennifer Boudreau

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