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Étudiants étrangers : apprendre à franchir le gouffre culturel

Le choc des étudiants étrangers ne se limite pas à la froideur du climat lorsqu'ils arrivent au Québec. Que ce soit sur le plan de la langue, de la culture, du mode de vie ou du système pédagogique, les obstacles sont multiples, notamment pour les étudiants nord-africains, qui sont parmi ceux qui échouent le plus à l'UQAR.

Un reportage de Laurence Gallant

Alors que les étudiants étrangers sont dix fois plus nombreux qu'il y a vingt ans à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), leurs besoins d'intégration se font de plus en plus sentir. Un projet pilote leur vient maintenant en aide, à travers un cours dédié aux communications interculturelles.

Des défis qui compliquent la réussite académique

« Ça n'a jamais été facile, quand on vient dans un nouveau pays », convient Mamadou Tambadou, étudiant en génie électromécanique. 

Les universités cherchent à attirer davantage d'étudiants de l'étranger, mais ceux-ci font face à d'immenses défis, une fois arrivés ici.

Les ressources déjà mises en place ne semblant pas suffire, l'Université du Québec à Rimouski offre, depuis l'an dernier, un cours de trois crédits destiné à aider les étudiants étrangers à mieux s'intégrer dans leur nouvel environnement.

Le cours offert aux nouveaux venus les amène à apprivoiser les différences culturelles entre leur pays d'origine et le Canada, à communiquer leurs problèmes et à trouver des pistes de solution.

Des étudiants en situation précaire

Les étudiants étrangers peuvent également vivre avec la pression de leur famille, qui parfois consacre toutes ses économies pour payer les études d'un enfant.

Les frais de scolarité pour un étudiant nord-africain, par exemple, peuvent grimper jusqu'à 18 000 $ par année. Des familles financent donc à haut prix les études de leur enfant, mais celui-ci doit par la suite se débrouiller dans un environnement complètement différent, jusqu'à apprendre à se faire à manger et à payer son loyer.

Sekou Fatoumata Soumah, originaire de Guinée, souligne que sa famille garde une vision idyllique du Canada : « Pour eux oui c'est le paradis, c'est l'au-delà, or il y a des enjeux qui nous attendent », explique-t-il.

Un cours qui peine à suffire à la demande

Le cours est mis à la disposition de tous les étudiants étrangers, et est devenu, pour certains, le principal exutoire pour exprimer leurs difficultés, dépassant même la salle de classe.

Ce cours, qui peine à suffire à la demande, éveille d'ailleurs l'intérêt d'autres universités aux prises avec les mêmes réalités.

« Ça nous aide beaucoup nous autres étrangers [nous] s'intégrer de [nous] rapprocher des Québécois d'être mieux encadrés ici », soutient Mamadou Tambadou.

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