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Exclus de l'assemblée de fabrique à cause de leur position sur la cathédrale de Rimouski?

Deux des trois marguillers qui ont été élus l'automne dernier par plus d'une centaine de paroissiens dénoncent leur exclusion du conseil de la Fabrique Saint-Germain. Les deux hommes affirment que c'est leur position concernant l'avenir de la cathédrale de Rimouski qui est plutôt le véritable motif de leur exclusion.

D’après le reportage de Paul Huot, avec la collaboration de Laurence Gallant

Jean-Charles Lechasseur et Victor Lepage soutiennent que le chancelier de l'archevêché leur a montré la porte parce que leur élection n'était pas réglementaire. Les deux hommes ont déjà exprimé leur souhait que la cathédrale soit restaurée et demeure un lieu de culte. Ils considèrent que les règlements qu'on invoque sont des prétextes pour les exclure.

Jean-Charles Lechasseur a été élu marguiller en novembre par 120 paroissiens lors d'une assemblée publique et Victor Lepage a été élu par 114 paroissiens en décembre dernier.

Élection non réglementaire

Lorsqu'ils se sont présentés à la première réunion du conseil des marguillers le 19 janvier, le chancelier de l'archevêché, Yves-Marie Mélançon, les a informés que leur élection n'était pas valable en invoquant des points de règlements.

Les deux hommes se demandent d'ailleurs pourquoi on ne les a pas informés lors de leur élection, puisque des responsables du clergé étaient présents lors des deux assemblées qui les ont élus.

On leur a aussi fait savoir que si l'évêque acceptait malgré tout de les inviter à siéger au sein de l'assemblée de fabrique, les deux marguillers devraient alors se retirer lorsqu'on discuterait de la gestion et de l'avenir de la cathédrale. Une condition à laquelle ils refusent totalement de se soumettre.

Ils soutiennent que ce malaise lève le voile sur la façon dont l'église gère les fonds que les paroissiens leur donnent.

La structure hiérarchique du diocèse expliquée

L’assemblée de fabrique, composée de marguilliers élus par les paroissiens, est une instance autonome qui détient le pouvoir décisionnel de la fabrique. Toutefois, elle demeure dépendante de l’autorisation de l’évêque pour les projets qu’elle veut réaliser.

Monseigneur Grondin est à la fois évêque du diocèse de Rimouski et archevêque du diocèse qui englobe celui de Gaspé et de Baie-Comeau. En tant qu'évêque, il a donc le pouvoir de nommer le vicaire, qui est en quelque sorte son porte-parole et bras droit, et le chancelier, qui veille à ce que les lois civiles et canoniques soient respectées.

En vue de la formation d'un éventuel comité de consultation pour l'avenir de la cathédrale, l'évêque nommerait lui-même les membres qui y siégeraient. Toutefois, le comité aurait, selon le chancelier Mélançon, un rôle consultatif et n'aurait pas de pouvoir décisionnel.

Droit civil ou droit canonique?

Le processus décisionnel du diocèse relève à la fois du droit civil, et donc des lois votées par l’Assemblée nationale de Québec, mais aussi du droit canonique.

Sur le plan du droit civil, la loi sur les fabriques dicte de quelle façon les paroisses doivent être administrées. Elle indique entre autres que la fabrique ne peut agir seule et qu’elle doit avoir l’autorisation de l’évêque pour prendre des décisions.

Le droit canonique statue, de son côté, que l’évêque doit consulter certains conseils qui existent sur le plan diocésain, avant de pouvoir donner son autorisation pour un projet déposé par la fabrique.

« L’évêque ne pourra pas répondre à une demande civile de la fabrique civile, sans avoir au préalable consulté par exemple le conseil aux affaires économiques, ça, c’est du droit canonique », explique le chancelier Yves-Marie Mélançon.

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