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F.-A.-Gauthier : le ministre Daoust veut un rapport

Le ministre des Transports Jacques Daoust délèguera son adjoint parlementaire, Ghislain Bolduc, pour lui faire rapport sur l'état du F.A.-Gauthier.

L'homme, un ingénieur, fera rapport directement au ministre. « C'est un homme de grande expérience et, au-delà de toutes les autres inspections, je veux avoir son opinion », indique Jacques Daoust.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a commenté vertement cette décision du ministre Daoust

Le porte-parole de la Coalition Avenir Québec en matière de stratégie maritime, Donald Martel, dénonce aussi le mandat confié par le ministre à son adjoint parlementaire. « Lorsque j'ai appris que le ministre Daoust avait fait appel au service du député Ghislain Bolduc, je pensais sincèrement que c'était une blague. N'allez pas me dire qu'il n'y a aucun ingénieur professionnel, compétent et disponible en ce moment au Québec pour évaluer le traversier! », dénonce Donald Martel.

Le député de Mégantic, Ghislain Bolduc, qui est effectivement ingénieur chimique de métier, estime être en mesure d'inspecter lui-même le navire. « La question est de bien comprendre les enjeux sur le plan global, plus large, sur le plan politique. On veut voir l'état des déficiences et jusqu'où ça va. S'il y a des vices de construction en termes de soudure, je suis capable de voir ça, par exemple », explique l'adjoint parlementaire de Jacques Bolduc.

Le ministre des Transports admet par ailleurs son agacement devant les nombreux problèmes du navire. Jusqu'à maintenant, près de 130 bris ont été répertoriés depuis l'entrée en service du traversier en juillet dernier.

Jacques Daoust est aussi très soucieux des problèmes du système de propulsion au gaz naturel, hors service depuis septembre. Depuis, le navire utilise le système diesel. « On voulait un bateau plus respectueux sur le plan environnemental, rappelle le ministre Daoust, il va falloir qu'on trouve la solution rapidement. »

Le ministre attendra toutefois l'inspection qui doit être effectuée en cale sèche au printemps avant de se prononcer. « Mon père fabriquait des bateaux et il y a toujours plein de petites choses à corriger à la fin parce que ce sont des produits uniques. Est-ce qu'on parle de problèmes mineurs ou de graves problèmes? », demande le ministre Daoust.

La CAQ interpelle aussi Jean D'Amour

Donald Martel estime que la situation est « épouvantable pour la population desservie par ce bateau ».

Le député y voit le résultat des nominations partisanes effectuées par les libéraux pour gérer des sociétés d'État.

C'est sous la présidence de l'ancien député libéral des Îles-de-la-Madeleine, Georges Farrah, que le contrat de construction du F.-A.-Gauthier a été accordé au chantier italien Fincantieri. « Je blâme le gouvernement qui a nommé Georges Farrah. Je ne pense pas que M. Farrah avait une grande expertise de la voie maritime avant d'être nommé là », dit Donald Martel.

« Le F.-A-Gauthier a coûté plus de 200 millions de dollars et on a un bateau neuf qui ne fonctionne pas », souligne le député qui interpelle le ministre Jean D'Amour, responsable de la stratégie maritime et de la région du Bas-Saint-Laurent. Il faut, dit-il, s'assurer que la garantie soit respectée. « Ça presse », lance Donald Martel.

Pour sa part, le ministre responsable de la région Gaspésie-Les Îles, Sébastien Proulx admet qu'il n'a pas encore eu le temps de faire le tour du dossier et refuse de se prononcer sur l'évaluation du navire qu'entend faire son collègue Ghislain Bolduc.

Enfin, le ministre Daoust refuse de qualifier le navire de citron. « On verra à l'usage », commente M. Daoust. Ce dernier, accompagné de son adjoint parlementaire, Ghislain Bolduc, fera le point sur la situation avec le président de la STQ, Jocelyn Fortier, lors d'une rencontre, vendredi.

Le navire, toujours sous garantie jusqu'en avril 2016, doit entrer en cale sèche au printemps.

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