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Faire l'élevage commercial d'une espèce menacée?

Peut-on faire l'élevage commercial d'une espèce menacée? L'idée semble paradoxale, pourtant, elle est bel et bien étudiée par un chercheur de Pêches et Océans Canada.

Un texte de Ariane Perron-Langlois

Des loups tachetés d'un mètre de long s'agitent dans leur bassin, sous l'oeil attentif du chercheur en écophysiologie Denis Chabot. Ce dernier étudie d'abord l'espèce parce qu'elle est menacée dans les eaux canadiennes. Selon des données de Pêches et Océans Canada, la population de loups tachetés a diminué de 90 % en trois générations dans l'Est du Canada.

« C'est surtout sur le grand banc de Terre-Neuve et au large du Labrador qu'il y avait le plus de loups tachetés auparavant, mais la population s'est effondrée partout en même temps! » résume M. Chabot.

Toutefois, ces poissons à l'imposante mâchoire et aux dents acérées intéressent aussi le chercheur pour leur chair! « C'est une chair blanche, une chair ferme, qui ressemble un peu à la chair de morue, et le goût est un peu comme ça aussi. »

Les loups tachetés bougent peu, grandissent vite, et vivent bien même lorsqu'ils sont entassés. Cela ferait de l'espèce, selon M. Chabot, une bonne candidate pour un élevage commercial dans des bassins fermés sur terre.

Un tel projet ne nuirait pas aux loups tachetés sauvages, croit le chercheur. « On a une situation où on a déjà des loups en captivité, donc il serait concevable, sans aller chercher des loups dans le milieu, sans nuire à la population qui est menacée, il y aurait moyen d'aller de l'avant et de développer une nouvelle industrie », explique M. Chabot.

L'industrie favorable, mais prudente

De son côté, l'Association des aquaculteurs du Québec se dit favorable à toute innovation dans le domaine, mais elle rappelle que d'exploiter une nouvelle espèce qui est peu connue sur les marchés présente des risques financiers.

C'est aussi ce que croit un centre de recherche gaspésien, Merinov. « Les défis, c'est aussi d'avoir la capacité financière de supporter une production qui est quand même longue avant d'arriver à un stade où on peut commercialiser les poissons », soutient le directeur de la section pêches et aquaculture, Laurent Millot.

Pendant ce temps, Denis Chabot continue d'étudier les impacts des changements climatiques sur les loups. Ses recherches devraient se poursuivre pendant un an ou deux. Après ce délai, si aucun industriel ne prend le relais, les loups en bonne santé pourraient être relâchés dans la nature.

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