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Feu vert de l’Environnement au projet éolien de la Dune-du-Nord

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, David Heurtel, considère qu'il pourra recommander favorablement l'implantation d'un parc éolien de 6 mégawatts sur le site de la Dune-du-Nord. Le scénario d'implantation déposé par la Régie intermunicipale de l'énergie Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine devra toutefois être respecté.

Un texte de Joane Bérubé

Le projet a fait l'objet d'une consultation publique du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement en raison de la fragilité de la flore et notamment de la présence sur le site choisi du corème de Conrad, un arbuste considéré comme une espèce menacée.

Le directeur de la Régie intermunicipale de l'énergie Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine explique que le projet final devra toutefois faire l'objet d'une autorisation spéciale en vertu de la Loi sur les espèces menacées et vulnérables.

Le ministère validera alors si toutes les mesures de précaution et d’atténuation mises en place par le promoteur correspondent au scénario soumis.

Dans le rapport déposé au ministre Heurtel, les commissaires du BAPE recommandaient une série de mesures qualifiées d’exceptionnelles afin de protéger le système dunaire et d’ améliorer les connaissances sur cet écosystème fragile.

D’après M. Scanltand, plusieurs des recommandations du BAPE font partie du scénario d’implantation déposé par la Régie.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, s'est par ailleurs réjoui de l'autorisation donnée par le ministre.

« En donnant son aval à la poursuite du projet, le ministère reconnaît que le scénario proposé respecte les différentes contraintes du milieu et reconnaît également que les mesures d’atténuation proposées sont satisfaisantes », a indiqué le maire Jonathan Lapierre par voie de communiqué.

Dépôt à l'automne

Les promoteurs ont jusqu'au 11 octobre pour déposer leur projet. La Régie intermunicipale de l'énergie Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine deviendra alors partenaire financier du promoteur choisi par Hydro-Québec.

À la différence des projets comme ceux du parc Nicolas-Riou ou Roncevaux, où la Régie est aussi un partenaire financier, l’organisme s’est beaucoup investi en amont du projet. « Normalement, on ne s’implique pas de manière aussi pointue dans la planification d’un projet », souligne Gilbert Scantland.

Compte tenu des incertitudes entourant le projet, notamment celle sur le site choisi, la Régie, en accord avec Hydro-Québec, a préféré mener toutes les études préalables nécessaires à sa réalisation.

« Cela va permettre à tous les promoteurs d’avoir accès à la même information sur le même territoire. Alors nous avons des données géotechniques, on a de données sur la faune aviaire, sur le corème de Conrad, évidemment, on a des données sur le vent, sur la météo », énumère M. Scantland.

Par la suite, la Régie signera une entente où elle deviendra propriétaire de 50 % des actifs du futur parc éolien.

Le projet des Îles sera plus coûteux que ceux réalisés ou en cours de réalisation dans le cadre du 450 MW de projets éoliens communautaires.

Gilbert Scantland évalue que ces projets coûteront entre 2 millions et 2,5 millions de dollars du mégawatt installé, ce qui revient à environ 6 ¢ le kilowatt-heure.

Ces coûts pourraient doubler aux Îles pour un projet qui pourrait dépasser les 22 millions de dollars. Toutefois, comme Hydro-Québec évalue ces coûts de production de la centrale thermique des Îles à environ 29 ¢ le kilowatt-heure demeurera rentable, assure M. Scanltand.

Autre site

Par ailleurs, lors des consultations du BAPE, la firme TUQLIQ a manifesté son intention de déposer un projet dans le cadre de l’appel d’offres d’Hydro-Québec qui s’élèverait sur un autre site que celui de la Dune-du-Nord.

Dans son mémoire, déposé en mai, TUGLIQ envisage de bâtir le parc éolien sur le site de l’île Seleine, une île artificielle du secteur de la dune du nord créée par les dépôts de sable de dragage du chenal de navigation de la Mine Seleine, qui serait partenaire du projet.

Selon TUGLIQ, ce terrain industriel n’arbore aucun habitat floral d’espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

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