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Financement des cégeps : les étudiants ajoutent leur grain de sel 

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) veut revoir le mode de financement des cégeps. Le sujet était à l'ordre du jour du 88e congrès de la Fédération étudiante qui se déroulait en fin de semaine à Carleton-sur-Mer et qui réunissait une cinquantaine d'étudiants.

Un texte de Joane Bérubé

Malgré l'éloignement, 17 des 22 associations membres étaient présentes à la rencontre qui a notamment permis aux étudiants d'ouvrir la discussion sur la baisse de clientèle de certains cégeps. Il s'agit d'un sujet de préoccupations important pour la FECQ qui regroupe surtout des cégeps situés en région.

La présidente et porte-parole de la FECQ, Rose Crevier-Dagenais, rapporte que selon les estimations réalisées par la FECQ en 2011, certains cégeps pourraient même être amenés à fermer leurs portes.

C'est avec ces données à l'esprit que la Fédération a commandé une étude sur le financement des collèges dont le rapport d'étape a été présenté au congrès de Carleton-sur-Mer.

Au Québec, le financement des institutions collégiales est basé sur une formule baptisée FABES qui repose à 75 % sur le nombre d'étudiants qui fréquentent l'établissement. Le déclin démographique de certaines régions, comme la Gaspésie, a donc un impact direct sur le financement des institutions.  

La FECQ n'est pas la seule à s'inquiéter de la situation, la Fédération des cégeps s'est aussi prononcée cet automne pour une meilleure répartition des sommes versées par le gouvernement.

« Le financement des cégeps est désuet, croit Rose Crevier-Dagenais, c'est un fonctionnement qui allait quand il y avait augmentation de l'effectif étudiant, mais présentement jusqu'en 2019, c'est le contraire qu'on voit arriver et c'est une baisse démographique qui touche surtout les régions. »

Selon le rapport de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), pour compenser leur manque à gagner, les institutions qui peinent à recruter des étudiants n'ont pas le choix d'effectuer des compressions. « On voit des équipes sportives qui sont abolies, des services psychosociaux qui disparaissent », souligne la porte-parole de la FECQ.

Selon l'IREC, le mode de financement actuel ne permet plus au réseau collégial de s'adapter aux changements sociodémographiques du Québec.

Éléments à considérer

Dans son état des lieux, l'IREC relève le rôle joué désormais par la formation continue et les centres collégiaux de transfert technologique. 

Les auteurs estiment que cela devrait être pris en compte dans l'analyse d'un nouveau mode de financement. Le rapport note aussi que les cégeps consacrent beaucoup d'efforts au recrutement international au détriment du recrutement local.

Le rapport final de l'IREC devrait être remis à la FECQ en janvier. La Fédération entreprendra alors une tournée des associations étudiantes pour prendre position sur le sujet.

Mobilité étudiante

Pour pallier la décroissance de la clientèle dans les cégeps, la FECQ a aussi travaillé de concert avec les cégeps au nouveau programme de mobilité étudiante interrégionale qui a été lancé en août dernier.

Le programme permet à des étudiants des collèges urbains d'étudier une ou deux sessions dans un autre cégep situé en régions éloignées.

Pour l'instant, selon Mme Crevier-Dagenais, il est trop tôt pour voir les retombées de ce programme, mais le projet-pilote du Cégep de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, qui a conclu des ententes avec plusieurs institutions de la région de Montréal, peut servir d'exemple. « C'est une mesure pour arrêter l'hémorragie, mais pour régler le problème il va falloir changer complètement le financement des cégeps », ajoute Rose Crevier-Dagenais.

Contre Optilab

Au cours du congrès les étudiants ont aussi pris position sur divers sujets d'actualités dont entre autres la notion de consentement et les agressions sexuelles.

Les associations étudiantes présenteront leurs mémoires lors des journées de consultations lancées par la ministre David sur sa politique pour contrer la violence sexuelle sur le campus.

La FECQ estime que la politique de la ministre devrait inclure l'embauche sur les campus de ressources adéquates, infirmières, psychologues, travailleurs sociaux, afin de soutenir les victimes et de faire de la prévention.

Les étudiants se sont aussi prononcés contre le projet Optilab de centralisation des laboratoires médicaux. Selon la FECQ, le projet va restreindre les possibilités d'embauche des finissants en technique d'analyse de laboratoire.

La FECQ entend s'associer aux syndicats pour mener campagne contre le projet et lancera une campagne d'information dans les cégeps affiliés.

Aide financière

Par ailleurs, la Fédération milite toujours pour un meilleur accès aux études postsecondaires.

La FECQ demande que les 80 millions de dollars de transferts fédéraux en éducation soient directement versés dans le programme d'aide financière aux étudiants. Les étudiants font valoir que cet argent revient aux étudiants puisque Québec reçoit cette compensation financière parce qu'il gère son propre programme de prêts et bourses.

La FECQ est le seul regroupement étudiant qui représente seulement les cégépiens. 

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