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Fonds pour l'eau à sec : les municipalités de l'Est furieuses

Des élus de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie sont déçus d'apprendre qu'il n'y a plus d'argent au nouveau Fonds pour l'eau potable et le traitement pour les eaux usées, trois semaines à peine après le lancement du programme.

Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, a annoncé cette fin de semaine que le programme ne recevrait plus de nouvelles demandes, en raison du nombre important de demandes déjà transmises.

De nombreuses municipalités, dont celle de L'Île-d'Anticosti, n'ont pas eu le temps de déposer leur dossier. La déception est vive dans la municipalité, où les quelque 200 résidents doivent faire bouillir leur eau avant de la consommer et où les eaux usées sont déversées presque intégralement dans le Saint-Laurent.

Le directeur général, Frédéric Lee, explique qu'il serait impossible pour sa municipalité d'assumer seule la facture des travaux, estimée à 3 millions de dollars.

Sur la Côte-Nord, le maire de Pointe-Lebel, Normand Morin, affirme que, même avant que le gouvernement interdise le dépôt de nouvelles demandes, le programme imposait déjà des critères trop sévères qui, selon lui, empêchaient déjà les petites municipalités d'y avoir accès.

« Avec toutes les exigences qu'ils ont mises dans le volet 2, c'est impossible, soutient M. Morin. Ça a été créé probablement pour les grandes villes comme Québec et Montréal. Pour nous, on savait que ça allait être très difficile d'avoir accès à ce programme-là. »

Normand Morin souhaite que Québec assouplisse ses critères et rende de nouvelles sommes disponibles.

Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, déplore la décision du gouvernement de suspendre le dépôt de nouvelles demandes d'aide financière. Il affirme qu'un grand nombre de municipalités ont besoin de cet argent pour mettre aux normes leurs infrastructures et satisfaire aux normes gouvernementales.

Il croit que le fait que Québec est submergé par les demandes d'aide prouve que les besoins sont criants, et affirme que le gouvernement ne se donne pas les moyens de ses ambitions.

« Je pense que c'est au gouvernement de se questionner d'abord sur : "Est-ce que mes orientations sont bonnes?", explique M. Lagacé. Je pense que oui, je pense qu'il faut améliorer l'eau potable qui est consommée par les citoyens. C'est une question de santé publique, mais en même temps, il faut que le financement suive! »

Causapscal et Gaspé en attente

La municipalité de Causapscal, dans la vallée de la Matapédia, est l'une des municipalités de la région qui a déposé juste à temps une demande d'aide financière pour la modernisation de son réseau d'eau potable.

Elle l'a fait jeudi dernier, une journée avant que Québec annonce la fermeture du programme. Le directeur général de Causapscal, Jean-Noël Barriault, dit que la municipalité a pu déposer son projet, car elle y travaillait depuis un certain temps déjà. Les citoyens de la municipalité doivent faire bouillir l'eau depuis mars 2013.

De son côté, Gaspé espère obtenir 10 millions de dollars du Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées. La municipalité a elle aussi déposé sa demande quelques jours avant que Québec ne ferme le programme.

D'autres municipalités, dont Mont-Joli, n'ont pas eu le temps de déposer leur projet.

D'après les informations de Léa Beauchesne, Katy Larouche et Denis Leduc.

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