Le projet de centralisation des tests de laboratoire dans onze centres de services de biologie médicale est officiellement enclenché même si plusieurs régions protestent toujours vigoureusement contre cette réforme.

un texte de Joane BérubéÀ partir du 1er avril, dans l’Est du Québec, les employés des laboratoires de la Côte-Nord relèveront du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean. De même, les centres de prélèvements et les laboratoires médicaux de la Gaspésie seront sous l’égide du CISSS du Bas-Saint-Laurent.

Pour le moment, les équipements et les équipes régionales demeureront en place. À terme, le projet Optilab en est un de regroupement des ressources financières, matérielles, humaines, informationnelles dans un seul parc d’équipement avec le maintien de points de services, mais sous la gestion d’une seule direction.

Le ministère assure que les transports des échantillons seront organisés de manière plus sécuritaire assurant le maintien de la qualité et de l’intégrité des spécimens et la traçabilité des envois.

Le projet Optilab vient aussi avec l’implantation d’un système informatisé unifié pour l’ensemble de la province des données de laboratoire.

Québec estime que le regroupement des services de laboratoire lui permettra de recourir à une technologie plus performante et plus économique. De même, l’uniformisation des outils informatiques aidera à l’échange de données et d’expertises.

Québec prévoit économiser 75 millions de dollars avec la centralisation des laboratoires médicaux.

Le gouvernement se donne de trois à cinq ans pour implanter l’ensemble du projet.

Grogne régionale

Tous les syndicats qui représentent le personnel de laboratoire en région ont critiqué la réforme qui, le gouvernement ne s’en cache pas, se traduira par de grands changements sur le plan des ressources humaines.

Québec parle de nouvelle répartition et de diminution des effectifs notamment par les départs à la retraite et l’attrition. Les syndicats parlent de pertes d’emplois et de départ du personnel des régions vers les centres urbains. Selon les syndicats, le projet pourrait se traduire par une réduction moyenne de 20 % des heures travaillées en laboratoire.

D’ailleurs, plusieurs élus des régions ont ajouté leurs voix à celles des syndicats, déplorant le manque d’analyse du ministère sur les impacts de la réforme sur les patients et les établissements de santé de la région.

Lors de son récent passage à Rimouski, le ministre de la Santé a refusé les demandes de moratoire qui lui ont été adressées. Gaétan Barrette a soutenu que les changements, au 1er avril, seront surtout d’ordre administratif, qu’aucun laboratoire ne serait fermé et que la réforme n’aurait pas d’impact sur le personnel.

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