Retour

Hydro-Québec remplira le réservoir Manicouagan au maximum

Hydro-Québec a commencé à remplir le réservoir Manicouagan pour atteindre son plus haut niveau depuis le début des années 1980, parce que la demande en hydroélectricité est plus faible et que les conditions météorologiques sont favorables.

Un texte de Marlène Joseph-Blais

Le bassin se remplira d'eau pour atteindre sa capacité maximale d'ici quelques années. « On le fait maintenant parce qu'il y a de l'eau, donc on n'a pas de moyen de réagir autrement que de l'accumuler cette eau-là », affirme la porte-parole d'Hydro-Québec, Julie Dubé.

Au cours des prochaines années, l'eau atteindra une hauteur de 359 mètres par rapport au niveau de la mer. Le barrage de Manic-5 a été conçu pour retenir un aussi grand volume d'eau.

Si l'eau n'est pas conservée ou utilisée pour produire de l'électricité, elle sera déversée par l'évacuateur de crue, ce qui entraînerait des pertes.

Hydro-Québec n'a pas besoin d'autorisation gouvernementale pour remplir le bassin. « On a un arrêté du Conseil des ministres du début des années 60 qui permet d'exploiter le réservoir à [certains niveaux], c'est-à-dire à inonder certaines zones jusqu'à une altitude », précise Julie Dubé. 


Zone inondable

Remplir le réservoir Manicouagan veut dire stocker des centaines de millions de dollars en énergie derrière le barrage Daniel-Johnson. Cela signifie aussi inonder des terres publiques occupées par une centaine de villégiateurs autour du plan d'eau.

« Les zones inondables n'ont pas changé depuis la construction du barrage. Elles sont connues et font partie des schémas d'aménagement. Les ministères les connaissent également quand ils donnent des permissions. [...] C'est connu et c'est établi depuis les années 1960 », souligne Julie Dubé.

L'eau a déjà commencé à monter et s'approche d'infrastructures construites par les riverains. Certains ont choisi de bâtir des chalets ou des camps de chasse sur la rive, en sachant qu'ils se trouvent dans la zone inondable et qu'ils ne doivent pas construire à moins de 15 mètres de la limite des hautes eaux.

Il n'y a pas de carte qui délimite la zone inondable du réservoir Manicouagan. « Jusqu'où ça va sur la terre, c'est une information qu'on a demandée pour savoir qui risque d'avoir des problèmes ou pas. Mais cette information, ils ne l'ont pas », mentionne le coordonnateur de la gestion foncière Philippe Poitras. 

Certains baux de villégiature accordés plus récemment comprennent une clause qui avertit les locataires dont les terrains pourraient être inondés. Malgré cela, les appels de villégiateurs inquiets se multiplient à mesure que l'eau monte.

Plus d'articles

Vidéo du jour


L’amour selon le zodiaque