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Il y a 400 ans, cinq Rochelais défiaient le roi et le froid à Matane

En marge des Journées de la culture, Matane a fait honneur à son histoire en rappelant la présence des Rochelais vers la fin du 16e siècle et au début du 17e. La Ville a dévoilé une plaque rappelant que cinq traiteurs de fourrures de La Rochelle, en France, avaient réussi à passer l'hiver de 1616, bravant le froid et défiant le roi Louis XIII.

Un texte de Brigitte Dubé

Cette plaque sera installée à place des Rochelais, près du vieux port, où se trouve une réplique du navire le Jehan. Il est attesté que ce bateau était revenu chercher les cinq traiteurs qui avaient accepté d'hiverner à Matane pour pouvoir récupérer les premières peaux de castor du printemps auprès des Amérindiens. Ils ont mis le cap vers la France le 1er juin et sont arrivés le 7 juillet.

« Attirés par l'abondance du castor et du poisson en Acadie et le long du Saint-Laurent, les Rochelais avaient choisi l'embouchure de la rivière Matane comme camp de base, indique l'historien Louis Blanchette. Ils connaissaient très bien la route permettant de voyager rapidement entre les deux continents. »

Embauchés par des commerçants de La Rochelle, ces équipages étaient chargés de voyager jusqu'en Nouvelle-France pour en rapporter du poisson et des fourrures. Le commerce des chapeaux de feutre de castor était alors florissant.

Louis Blanchette cite l'historien Émile Garnault, qui décrit le courage des marins rochelais.

Sans l'approbation du roi

Audacieux, ils venaient en Nouvelle-France de leur propre chef, sans l'approbation du roi de France. Ils ont été considérés par Champlain comme de mauvais sujets désobéissant aux ordres de Sa Majesté.

Louis Blanchette mentionne que les Rochelais seraient même venus dans la vallée du Saint-Laurent avant Jacques Cartier. Ils n'étaient pas les premiers à hiverner en Nouvelle-France, mais le fait de passer un hiver constituait une provocation.

« Des commerçants français se sont opposés aux Rochelais, ajoute M. Blanchette. Des bateaux ont été saisis en face de Matane pour récupérer les fourrures. »

Le fait que les Rochelais étaient de confession huguenote (protestante) et alliés des Anglais dérangeait également les autorités françaises.

Les Rochelais sont demeurés actifs en Acadie et en Nouvelle-France jusqu'au début des années 1760.

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