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Il y a 65 ans, une bombe était larguée à Saint-André-de-Kamouraska

Le 10 novembre 1950, un bombardier américain a largué une bombe de type Mark IV dans le fleuve Saint-Laurent, face au village de Saint-André-de-Kamouraska, au Bas-Saint-Laurent. Selon l'administration municipale, ce n'est que 50 ans plus tard, en 2000, que le ministre de la Défense canadienne a confirmé l'hypothèse de l'accident.

Un texte de Sébastien Desrosiers

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, en 1950, les tensions étaient vives entre Russes et Américains. Ces derniers se tenaient prêts à réagir en cas de problème en Europe. L'armée américaine a donc conclu une entente avec le premier ministre canadien, Louis Saint-Laurent, pour entreposer 11 bombes atomiques Fatman Mark IV sur la base militaire de Goose Bay, au Labrador. En novembre 1950, les bombardiers rentraient en escadrille à leur base de Tucson, en Arizona. 

« Un avion B-50 de l'armée des États-Unis, c'est un gros quadrimoteur, a éprouvé des ennuis de moteur », explique le directeur du centre d'archives de la Côte-du-Sud, François Taillon. « Rendu au-dessus du fleuve, à peu près à Saint-André, il a largué sa cargaison dans le fleuve. »

Les bombes étaient partiellement désactivées à ce moment-là, c'est-à-dire que la charge nucléaire et la charge d'allumage étaient transportées séparément. Personne n'a été blessé et tout indique que l'événement n'a provoqué qu'une contamination radioactive de faible densité. L'avion, lui, a mis le cap au sud vers une base du Maine.

Une bonne frousse

Les engins transportaient tout de même 1000 kg d'explosifs et 45 kg d'uranium appauvri. L'événement n'est pas passé inaperçu, un vendredi à 16 h, dans la municipalité paisible de 675 habitants à l'époque.

« Ça a terrifié tout le monde », raconte M. Taillon, qui s'appuie sur des témoignages pour retracer cette histoire. « L'explosion a été vue et ressentie, à l'époque ils disaient 30 miles, mais c'est à environ 48 kilomètres. Ça s'est vu, ça s'est entendu. Certains disent qu'ils ont vu une boule de feu, certains disent une boule blanche. » 

Un article de l'hebdomadaire rimouskois Le Progrès du Golfe, du 17 novembre 1950, fait état d'une « lueur fulgurante » et « d'épais nuages de fumée noire et blanche. »

D'autres journaux, nationaux, cette fois-ci, tels La Patrie et le Petit Journal avaient aussi fait écho à cet événement spectaculaire et inusité.

Le directeur du centre d'archives de la Côte-du-Sud, François Taillon, croit qu'il est important de faire un effort de commémoration, ne serait-ce que pour rappeler les risques liés à l'utilisation du nucléaire.

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