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Immigrer en région : « le grand défi, c'est la langue »

Imaginez atterrir dans une ville et être incapable de comprendre ou de parler la langue de ses citoyens. C'est le défi que rencontrent de nombreux immigrants asiatiques qui s'installent dans des régions, qui sont très majoritairement francophones. 

Un texte d'Isabelle St-Pierre Roy et d'Ariane Perron-Langlois

À l'occasion du Nouvel An chinois, nous vous présentons quatre Rimouskois d'adoption, aux parcours différents, qui ont relevé le défi de l'intégration.

Ting Zhang

Chinoise d'origine, elle a étudié à la maîtrise à l'Université du Québec à Rimouski avant de fonder le Centre culturel oriental. Son objectif : cimenter la communauté asiatique de la métropole maritime, composée d'une cinquantaine de familles. Ses actions permettent aussi de créer un pont entre nouveaux arrivants et Rimouskois de longue date.

Même si de nombreux immigrants asiatiques gagnent leur vie dans l'univers de la restauration, elle remarque que la deuxième génération a davantage d'options. « Ils sont tous dans différents domaines, pharmacie, médecine, informatique », lance-t-elle fièrement.


Ba-Long Do

« Mon nom est Ba-Long Do, ça, c'est en vietnamien, et en français, vous pouvez m'appeler Pierre », lance celui qui enjolive les ongles des Rimouskoises dans sa boutique de la rue Saint-Germain. À l'aube de la cinquantaine, il vit seul avec son chien Daisy. Il a réussi à apprendre le français en 10 ans de confidences de ses clientes. Il est arrivé à Rimouski accompagné de deux autres Vietnamiens, mais ces derniers ont quitté la ville depuis, incapables de maîtriser la langue.

« Pour faire mourir un Asiatique, isolez-le. Il va mourir tout seul. Moi, je ne suis pas isolé. On utilise maintenant la technologie pour rencontrer et parler souvent », explique Ba-Long Do.

Lisan Chng

Elle est artiste mosaïste. L'amour l'a fait voyager et quitter son Singapour natal. Lors d'un voyage en Espagne, elle a croisé le chemin d'un Québécois qui allait devenir son mari. Aujourd'hui, le français n'a plus de secrets pour elle. Pourtant, elle parlait à peine la langue de Molière il y a huit ans.

« Pendant un an et demi, j'avais de la misère à m'exprimer. C'est comme si on est un esprit attrapé dans un corps. À court terme, c'est plus difficile parce que c'est une ville francophone, mais à long terme, pour l'intégration, c'est vraiment une meilleure place », dit Lisan Chng.

Steven Rong

Steven Rong et sa famille sont installés au Québec depuis 15 ans. Puisque sa femme et lui ne pouvaient pas parler ou lire le français à son arrivée, il a choisi d'ouvrir le restaurant Gor Gin. Devant les chaudrons, il baigne dans l'odeur des épices et des mets asiatiques que sa femme sert aux tables du petit restaurant. 

Ses yeux brillent lorsqu'il parle de ses trois enfants. « Je suis très fier d'eux, parce qu'ils parlent très bien le français. Ils pourront choisir le métier qui leur plaît. Nous, le métier nous a choisis, nous n'avons pas choisi ce travail », mentionne Steven Rong, en anglais.

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Depuis les cinq dernières années, Rimouski a accueilli 233 nouveaux arrivants, une moyenne 46 ou 47 personnes par année, selon Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent. L'organisme mentionne aussi que de nombreux membres de la communauté asiatique sont des commerçants qui souhaitent travailler et gagner de l'argent. Souvent, ils n'ont pas de temps à consacrer à des cours de francisation.

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