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Incursion dans l'antre du Bella Desgagnés, à l'aube de sa 4e saison

Le Bella Desgagnés amorce lundi soir sa quatrième saison dans les eaux du Saint-Laurent. Visite dans ce navire qui constitue, en lui-même, tout un village.

Un texte de Laurence Gallant

L'équipage en est à ses derniers préparatifs pour démarrer sa tournée de sept jours auprès de 11 ports, dont 10 situés sur la Côte-Nord.

Ménage, cuisine, certifications du navire, formations de sécurité... plus de 40 employés ont graduellement pris place dans le navire de ravitaillement depuis mardi dernier, pour se préparer au premier départ de la saison 2016.

En tout, 70 à 80 personnes se relayent à bord, à coup de quatre à six semaines, pour faire fonctionner le Bella Desgagnés, qui reste « à la merci de la mer, des intempéries, des retards météo », explique le président et directeur général de Relais Nordik, Francis Roy.

C'est un jeune homme de 30 ans, Guillaume Séguin, qui est à la barre du Bella Desgagnés depuis 2014. Le capitaine soutient que le navire, hautement technologique, lui réserve toujours beaucoup de défis. En son absence, c'est le capitaine Philippe Hémart qui prend le relais.

Le capitaine Séguin, qui vit six mois par année sur le navire, souligne tout le sentiment d'appartenance que l'équipage entretient avec les gens de la Côte-Nord :

En une semaine, le Bella Desgagnés parcourt 1230 milles nautiques, soit 2200 km, pour desservir dix ports de la Côte-Nord, après son départ de Rimouski.

« Sur la Basse-Côte-Nord, on n'est pas habitués de voir beaucoup de trafic, mais en mai-juin, c'est la saison des pêches, et il y a beaucoup de bateaux de pêches avec lesquels on doit interagir. Le port de Kegaska, par exemple, doit avoir cinquante bateaux de pêche », explique Guillaume Séguin.

Le Bella Desgagnés doit composer avec une cargaison extrêmement variée : « Tout ce qu'on peut imaginer qu'un village a besoin pour son économie et les gens qui sont là : des couches, de l'approvisionnement en épicerie, des clous, des VTT, des voitures... », énumère Francis Roy.

Le Bella Desgagnés se prépare à ravitailler plusieurs localités de la Moyenne et de la Basse-Côte-Nord, mais aussi à accueillir des passagers curieux de vivre l'aventure jusqu'à Blanc-Sablon.

Mille quatre cents passagers pourront profiter de ce forfait touristique hors du commun durant la saison, et admirer « une côte qui est tout à fait saisissante, unique », souligne le pdg de Relais Nordik, Francis Roy. 

« Souvent les passagers repartent en disant qu'ils ont l'impression de faire partie de notre équipe, et ça c'est agréable pour nous aussi », raconte le capitaine Guillaume Séguin.

Sur le huitième pont, une salle a d'ailleurs été réaménagée pour permettre aux passagers de socialiser, de jouer à des jeux et de profiter de l'animation sur le bateau. On pourra par exemple en apprendre davantage sur la Côte-Nord, ses localités, et ses réalités sociales et économiques.

Surtout en début de saison, on peut observer beaucoup de mammifères marins, notamment quand les baleines retournent vers Tadoussac. L'équipage a une entente avec le Réseau d'observation de mammifères marins (ROMM), et partage avec les biologistes ses observations des baleines.

Les premières saisons du Bella Desgagnés ont été marquées par certains problèmes mécaniques, mais la période de rodage est maintenant terminée, assure le pdg de Relais Nordik, Francis Roy : « Ces choses-là sont derrière nous. »

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