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Innovation dans l'Est du Québec : un premier rendez-vous réussi

Environ 230 personnes étaient réunies, jeudi, à Matane pour marier recherche et entreprise, à l'occasion de la première édition des Rendez-Vous de l'innovation de l'Est du Québec.

Un texte de Joane Bérubé

L'événement était organisé par le réseau des villes innovantes de l'Est du Québec qui regroupe 11 villes de l'Est du Québec de Gaspé à Montmagny.

Le réseau, explique son coordonnateur Michael Schmouth, se veut une organisation informelle dont font partie des maires qui ont la conviction d'avoir un rôle à jouer dans l'émergence des conditions qui favorisent l'innovation sur leur territoire.

L'idée de ce rendez-vous entre chercheurs et entreprises de l'Est du Québec a germé il y a un an, lors d'une rencontre entre les centres de recherche et les élus, indique Michael Schmouth.

De fait, poursuit M. Schmouth, les entrepreneurs connaissent peu la recherche et les chercheurs éprouvent de la difficulté à commercialiser leur expertise. « Encore ce matin, raconte le porte-parole du réseau, des entreprises, qui exportent partout au Canada et à l'étranger, nous disaient avoir peu d'emprise sur leur marché local. »

 Apprendre à se connaître

Denis Pineault, coordonnateur des services à l'industrie au Service de recherche et d'expertise en transformation des produits forestiers (SEREX), à Amqui, abonde dans le même sens. « C'est, dit-il, une belle plateforme pour se faire connaître. On est connu, mais on est souvent connu de notre réseau à nous, là ça éclate un peu. Ce sont les principes de base de l'innovation; tenter d'éclater un peu plus nos réseaux d'affaires. »

Michael Schmouth estime que la rencontre est déjà en soi un succès puisque le défi était d'amener les entreprises à participer. Soixante-dix promoteurs et entrepreneurs prenaient place dans la salle du Centre de développement en imagerie numérique (CDRIN), jeudi matin.

Pierre Naider Fanfan, président de la jeune entreprise Probiosphère à Rivière-du-Loup, rêvait d'ailleurs d'une journée comme celle-là, qui lui permettrait d'un seul coup de rencontrer plusieurs chercheurs, notamment dans le domaine de l'eau. « Et exactement savoir de quelles technologies nous pouvons profiter à Probiosphère », explique-t-il.

Pour susciter les interactions, en matinée, les organisateurs avaient prévu une présentation des 17 centres de recherche de l'Est du Québec. En après-midi, les centres de recherche et les promoteurs étaient conviés à une opération « rencontres éclairs d'affaires ou speed dating ».

Le président de Probosphère, qui s'intéresse entre autres au traitement des eaux usées par les technologies biologiques en aérobie entendait en profiter pour discuter avec les représentants de Merinov, d'Innovation maritime et du Centre de recherche en biotechnologies marines (CRBM).

La marque « Est du Québec »

Il relève que l'Est du Québec se distingue en recherche notamment pour son amour de l'eau. « Moi, dit-il, je suis dans l'eau. On a de grandes entreprises qui sont dans le domaine du traitement des eaux. On est très attaché dans l'Est à tout ce qui est eau, tout ce qui est maritime. On a une approche spéciale qui nous rend différents. »

Denis Pineault du SEREX estime quant à lui que l'Est du Québec se distingue en innovation par sa très grande diversité de modèles d'affaires, autant en recherche et développement que pour les entreprises. « Dans l'Est du Québec, observe M. Pineault, il y a moins de mégas entreprises qui tiennent le monopole dans un secteur. On a beaucoup d'entreprises familiales ou presque qui créent beaucoup de diversification. Ça nous force à diversifier nous aussi. C'est un beau challenge et on le relève bien. »

Satisfait de cette première rencontre, Michael Schmouth songe déjà à l'organisation d'un deuxième opus.   

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