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Insularité des Madelinots : une reconnaissance historique, indique Philippe Couillard

Québec tiendra désormais compte des impacts de l'insularité dans ses interventions et la gestion de ses programmes aux Îles-de-la-Madeleine. Le décret a été signé, mercredi, par le premier ministre.  Philippe Couillard en a fait l'annonce, jeudi, à Fatima, aux Îles-de-la-Madeleine.

Un texte de Joane Bérubé

Le premier ministre avait promis une « journée historique ». Les Madelinots n'ont pas été déçus.

Philippe Couillard s'est rendu à leurs arguments et reconnaît que l'archipel a droit à un traitement particulier en raison des contraintes liées à son insularité.

« Il a beaucoup de programmes au gouvernement qui sont excellents, convient le premier ministre, mais les Madelinots n'y ont jamais accès parce qu'il y a toujours un critère qui manque comme le nombre requis pour démarrer un programme. Il y a toujours un critère qui fait qu'on tombe à côté de la boîte. »

Le premier ministre promet que tous les programmes gouvernementaux seront adaptés à la réalité économique des îles. Bien que le Saint-Laurent compte d'autres archipels et d'autres îles habitées, ce statut sera réservé à l'archipel madelinot, a précisé le premier ministre.

Le député des Îles-de-la-Madeleine à l'Assemblée nationale, Germain Chevarie, estime que cette reconnaissance servira « de levier dans tous les secteurs de la vie des Madelinots. »  

Interrogé au printemps sur l'évolution du dossier, le député des Îles-de-la-Madeleine, Germain Chevarie, se montrait d'ailleurs plutôt optimiste sur la volonté de son gouvernement d'accéder à cette demande . 

Plusieurs années d'attente

Cette visite du premier ministre Philippe Couillard aux Îles-de-la-Madeleine suscitait donc bien des espoirs chez les Madelinots, qui demandaient depuis des années à Québec de leur reconnaître un statut particulier lié à leur insularité.

La demande avait été officialisée en avril 2015 lors du dépôt à l'Assemblée nationale d'un argumentaire de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine pour cette reconnaissance.

À l'époque, le maire des Îles, Jonathan Lapierre, se donnait deux ans pour convaincre le gouvernement.

L'insularité, mais aussi un environnement à protéger

Depuis longtemps, les Madelinots estiment que leur isolement en plein milieu du golfe leur coûte cher. D'autant plus, ajoutent-ils, qu'ils vivent dans un milieu maritime fragile. Le territoire est aussi très petit et ses ressources limitées, font-ils valoir.

Outre les surcoûts liés à leurs déplacements, un billet d'avion aller-retour peut coûter jusqu'à 1500 $, les Madelinots doivent aussi conjuguer avec l'instabilité des liens maritimes et aériens. Le transport peut même être une question de vie ou de mort lorsqu'il s'agit d'évacuer d'urgence un patient.

Les Madelinots sont aussi très dépendants des marchés extérieurs tant pour s'approvisionner que pour vendre leurs productions. Ça coûte aussi beaucoup plus cher. De plus, les habitants de l'archipel sont souvent aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre et de services spécialisés.

Et ce n'est pas qu'un problème d'économie, c'est aussi un problème environnemental. La seule gestion des déchets de la population madelinienne est un problème majeur qui accapare 17 % du budget de 24 millions de la Municipalité.

L'environnement est aussi un souci important, puisque la préservation de la nappe phréatique, le traitement des eaux usées et la protection des berges exigent des investissements qu'on ne voit nulle part ailleurs. De plus, deux des principales industries des Îles, la pêche et le tourisme, dépendent directement de la préservation et de la qualité des paysages et de l'habitat.

Paradoxalement, sur le plan énergétique, les Madelinots sont entièrement dépendants d'une centrale thermique et comptent exclusivement sur les hydrocarbures pour s'approvisionner, ce qui constitue de plus en plus un problème tant sur le plan économique qu'environnemental. 

Reconnaissance complète

Au fil des ans, selon les programmes et ministères, certaines particularités de l'archipel ont été reconnues. Québec verse par exemple des primes d'éloignement aux employés de l'État qui travaillent aux Îles. L'hôpital dispose de budgets particuliers pour le transport des malades.

Toutefois, ce qu'ont obenu maintenant les Madelinots, c'est une approche intégrée de tous les programmes et interventions en fonction de leur insularité.

Par ailleurs, l'adoption du projet de loi 83 présentement à l'étude à l'Assemblée nationale permettra de créer officiellement la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine ce qui viendra donner sa pleine mesure au caractére particulier de l'archipel. 

Le premier ministre a de même confirmé l'intérêt de Québec pour la création d'une aire marine protégée autour de l'archipel. Les négociations se poursuivent à ce sujet avec le gouvernement fédéral.

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