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L'eau potable d'une dizaine de municipalités de l'Est du Québec contaminée aux trihalométhanes

L'eau potable de onze municipalités de l'Est du Québec contient un taux de trihalométhanes (THM) au-dessus de la norme maximum permise par Québec, selon les plus récentes données du ministère de l'Environnement. Ces contaminants pourraient, selon l'Institut de la santé publique - qui cite certaines études -, augmenter légèrement les risques de cancer de la vessie et affecter la grossesse.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

Une situation qui perdure dans certains cas depuis plus de 15 ans et qui est suffisamment inquiétante pour que la Direction de la santé publique (DSP) intervienne.

Les THM apparaissent lorsque le chlore réagit avec de la matière organique, comme des feuilles mortes ou des troncs d'arbres en décomposition. Ils sont mesurés depuis 2001, mais ce n'est que tout récemment que la DSP du Bas-Saint-Laurent a décidé de tenir des séances d'informations pour réduire l'exposition à ces produits hautement volatils.

Les effets sur la santé : les études divisées

Selon la Direction de la santé publique, il est possible qu'une concentration élevée de THM dans l'eau puisse augmenter légèrement le risque de cancer de la vessie. « Cependant, le risque demeure incertain et n'apparaîtrait qu'après une période d'exposition de plus de 20 ans », affirme un avis envoyé aux contribuables de Saint-Ulric, près de Matane.

Selon la DSP, des études ont aussi soulevé la possibilité que les THM affectent la grossesse en augmentant le nombre de fausses couches et en causant la naissance de bébés de petits poids.

La docteure Joanne Aubé-Maurice ne veut pas créer de panique chez les résidents touchés, mais selon elle, le principe de précaution doit s'appliquer. D'autant plus que ces contaminants sont très volatiles. Ils peuvent aussi entrer dans le corps en respirant des vapeurs d'eau lors d'une douche et par voie cutanée.

« On favorise les bains aux douches, car il y a moins de vapeur d'eau, les femmes enceintes sont aussi invitées à boire de l'eau en bouteille, même chose pour l'eau donnée aux nourrissons ».

Les seules activités sans risque d'exposition aux THM sont le lavage des mains, le lavage des aliments et le brossage des dents.

Surprise à Saint-Ulric

La DSP a rencontré lundi les citoyens inquiets de Saint-Ulric. Plusieurs ont indiqué qu'ils auraient aimé être informés de la présence de contaminants dans l'eau plus tôt. Ils ont appris que le taux de THM est bien au-delà des normes depuis 2001.

Même le maire de la municipalité, Serge Gendron, dit n'avoir été informé que récemment des risques pour la santé. Selon lui, Québec doit accélérer le projet d'usine de traitement des eaux par nanofiltration, un projet sur la table depuis 2001, qui permettrait d'éliminer les THM.

Toutefois, selon la Direction de la santé publique, le type de THM présent dans l'eau de Saint-Ulric est moins dommageable pour les femmes enceintes. 

Le ministère de l'Environnement dit être aux aguets

Du côté du ministère, on confirme qu'un suivi est fait avec les municipalités non conformes. Elles doivent présenter un plan pour régler la situation. Le nombre de réseaux qui contiennent des THM diminue année après année et est passé de 62 à 44 entre 2012 et 2015.

À Saint-Ulric, près d'un million de dollars a été investi pour trouver une source souterraine, mais sans succès.

À Kamouraska, où l'eau potable est la plus contaminée par les THM, la municipalité attend toujours le début des travaux d'une usine de filtration. En 2015, le taux de trialométhanes dans l'eau était de 410 microgrammes par litres. C'est plus de cinq fois la norme maximale permise par Québec.

À Baie-Comeau, les taux varient selon les secteurs entre 251 et 315. Le problème est connu depuis longtemps et la réfection du réseau permettra de le corriger.

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