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L'église de Petit-Matane laissée à l'abandon

Depuis sa vente il y a deux ans, l'église du village de Petit-Matane a été laissée sans chauffage et sans entretien.

Un texte de Joane Bérubé

L'église de l'ancienne Fabrique de Saint-Victor de Petit-Matane a été fermée au culte en 2012 et vendue pour un dollar symbolique en 2014. Le nouveau propriétaire s'était aussi engagé à verser sous forme de dons une somme de 10 000 $ par année pendant cinq ans.

Selon l'ancienne présidente de la Fabrique de Saint-Victor, Odette Imbeault, le promoteur Benedict Fortin souhaitait transformer l'immeuble en économusée pour relater la vie des premiers habitants de la région. L'entrepreneur a travaillé plusieurs mois pour mettre son projet en marche et puis s'est découragé, raconte Mme Imbeault.

Son projet n'a pas obtenu le soutien de la Ville de Matane ni d'autres bailleurs de fonds, si bien qu'aucun aménagement n'a été effectué. La Ville de Matane n'a pas voulu commenter le dossier, mais les informations données par le promoteur n'auraient pas été assez complètes pour permettre à la Ville d'aller de l'avant.

Bénédict Fortin, qui a aussi été directeur général du village de Saint-Léandre pendant environ un an, a quitté la région.

Au printemps et à l'été 2016, il a travaillé cinq mois à la Coopérative de consommation de l'île d'Anticosti puis en est reparti. M. Fortin n'a répondu à aucun des courriels qui lui ont été envoyés pour connaître ses intentions quant au bâtiment.

Un bâtiment qui se dégrade

Pour le diocèse comme pour l'ancienne Fabrique Saint-Victor, le bâtiment vendu ne leur appartient plus. Ils estiment donc que le sort de l'église n'est plus sous leur responsabilité.

Cet été, une fenêtre du sous-sol a été vandalisée. Mme Imbeault, qui demeure près de l'ancien lieu de culte, craint que le bâtiment se dégrade encore plus.

Déjà, lorsque l'église a été fermée au culte en 2012, des travaux s'imposaient. « C'est sûr qu'il va y avoir infiltration d'eau et de neige. On avait déjà des dégâts d'eau, c'est la raison pour laquelle on voulait s'en départir aussi. On ne pouvait pas la réparer », commente Mme Imbeault.

La Ville de Matane ne veut pas confirmer si les taxes municipales ont été payées depuis la vente du bâtiment.

Si ce n'est pas le cas, le bâtiment pourrait être vendu l'an prochain pour taxes impayées, selon le délai de trois ans donnés aux mauvais payeurs par la Ville. « Je ne sais pas ce qu'il va leur rester dans les mains. Après X années, ça va devenir dangereux si c'est les vitres et tout », poursuit Mme Imbeault.

Une démolition du bâtiment coûterait également plusieurs milliers de dollars. 

Une question d'actualité 

La question de la reconversion des édifices religieux, églises, presbytères, couvents ne fait que commencer dans des secteurs comme la Matanie, où le diocèse entreprend ces jours-ci une réflexion avec les paroisses autour de Matane.

À l'archevêché de Rimouski, l'économe diocésain, Michel Lavoie, estime que la réflexion doit aussi s'étendre aux municipalités et à l'ensemble des communautés afin de réaliser une conversion réussie, répondant aux besoins des gens.

Exemple réussi

L'autre église excédentaire de Matane, celle de Bon-Pasteur, illustre bien comment le virage peut s'effectuer.

L'église a été cédée au début de l'été pour la somme symbolique d'un dollar. Le repreneur est un organisme reconnu, la Société d'histoire et de généalogie de Matane, qui a obtenu le soutien financier de la Ville de Matane pour réaménager le bâtiment.

Cinq paroisses ont été fermées depuis 2013 dans le diocèse de Rimouski. Six églises ont aussi fait l'objet d'un partenariat avec les municipalités. Deux églises ont été vendues à des intérêts privés et des discussions sont en cours pour la reconversion de huit églises pour 2017.

Le diocèse de Rimouski, qui comptait 114 paroisses, il y a quelques années en compte maintenant 97.

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