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L'élection de Donald Trump inquiète des exportateurs de l'Est du Québec

Alors que Donald Trump célèbre sa victoire à l'élection présidentielle américaine, l'ambiance est loin d'être à la fête parmi les exportateurs de l'Est du Québec. Des industriels des forêts et des pêches craignent que leurs produits soient plus difficiles à vendre au sud de la frontière.

Un texte de Ariane Perron-Langlois

Moins de 24 heures après l'élection du milliardaire républicain, la Chambre de commerce de la Baie-des-Chaleurs remarque que plusieurs de ses membres sont inquiets. L'organisme craint notamment la réouverture d'ententes telle l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), après les multiples sorties de Donald Trump contre le libre-échange au cours de la campagne.

« Prenons juste l'usine MDM Unipêche, à Paspébiac, un de ses gros clients c'est les États-Unis. Je pense à Fabrication Delta, qui fait des affaires avec les États-Unis. Il y a d'autres entreprises dont on ne connait pas nécessairement toute leur clientèle, mais ça peut avoir un impact », souligne le directeur général de la Chambre de commerce de la Baie-des-Chaleurs, Maurice Quesnel.

Le syndicat des producteurs de bois privés de la Gaspésie, qui exporte près du tiers de sa production au Sud de la frontière, partage cette inquiétude.

« On sait que c'est une personne qui est très conservatrice, qui parle de rouvrir l'ALÉNA et toutes ces ententes-là. Ça nous met très inquiets », dit le président du syndicat des producteurs de bois privés de la Gaspésie, Berthold Gagné.

L'industrie forestière est déjà sur le qui-vive, avec l'accord sur le bois d'œuvre qui n'est toujours pas renouvelé. Une surtaxe, en cas de conflit commercial, viendrait diminuer davantage la marge financière de l'industrie.

Le président de Boisaco, Steeve St-Gelais, s'inquiète lui aussi de l'élection de Donald Trump, mais espère que le gros bon sens s'imposera. L'entreprise exporte 15% de sa production vers les États-Unis.

« C'est clair que ça amène des préoccupations et des questionnements. Souvent, en période électorale, ça peut être un moment où des propos plus exagérés sont tenus. Mais dans l'entrée en fonction et dans le rôle que M. Trump aura, le gros bon sens va probablement faire sa place, c'est ce qu'on espère. »

Richard Ouellet, professeur de droit international à l'Université Laval, croit que les élus de la région ont raison de craindre que les négociations sur le bois-d'oeuvre ne piétinent.

« Les nouvelles sont vraiment mauvaises. On sera ici, à partir du 20 janvier, avec un président républicain protectionniste, élu avec un grand nombre d'appuis dans des régions qui font de la production forestière. Donc il ne sera pas du tout enclin à être patient ou très ouvert avec le marché canadien. »

Avec la collaboration de Léa Beauchesne et Pierre Cotton

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