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L'élevage à l'échelle locale : l'histoire de la famille Gauthier

Quelque part dans le haut-pays de Matane se cache une famille d'irréductibles producteurs. Pour permettre à leur entreprise de traverser une quatrième génération, les Gauthier ont choisi de laisser tomber le modèle conventionnel de production bovine et porcine pour se tourner vers une mise en marché direct. Sage décision, semble-t-il.

Un reportage de Léa Beauchesne

Exit les grandes surfaces et la vente des bêtes à l’encan. À la Ferme des Érables, toute la viande produite est aujourd’hui destinée au marché local et transformé directement sur la terre familiale à St-Luc-de-Matane.Martin Gauthier a repris la ferme de ses ancêtres dans les années 90. Depuis le début du 20e siècle, la terre a permis à sa famille de traverser les aléas que lui a servis le sol québécois. De l’agriculture à la production laitière, la ferme s’est finalement mutée en un élevage de viande et de sirop d’érable.

C’est durant la crise la vache folle que le propriétaire a décidé de se créer une « bouée de sauvetage » comme il se plait à la nommer. « C’était la catastrophe. On était une jeune entreprise très endettée, ça n’allait vraiment pas bien. »

Dans les dernières années, le producteur peut aussi compter sur l’aide de sa sœur qui s’est jointe à l’aventure en tant que copropriétaire. Johanne Gauthier s’occupe à temps plein des bêtes, auxquelles elle voue une apparente affection.

En s’occupant eux-mêmes de leur mise en marché, les Gauthier échappent à la pression du modèle conventionnel qui force les éleveurs à produire un maximum de bêtes pour demeurer compétitifs et répondre aux demandes du marché.

Ce modèle leur permet de conserver un plus petit cheptel, tout en s’assurant un revenu adéquat puisque le profit par bête est plus élevé.

De plus, la famille a ainsi pu s’éviter des investissements astronomiques dans les outils technologiques qui leur auraient permis de répondre au marché face aux grandes entreprises nord-américaines. Ils ont plutôt choisi d’élever les bêtes de manière traditionnelle, sans outil particulier.

Une part de leurs ventes se fait directement à la boutique qui se trouve sur la ferme ou encore dans les marchés publics, mais la majorité de leur production est destinée à la brasserie artisanale La Fabrique. L’institution matanaise est particulièrement populaire et c’est la viande des Gauthier qu’on retrouve dans leurs plats. « On fournit le porc haché, le bœuf haché. On achète aussi les brebis de nos voisins pour fournir la Fabrique » explique Martin Gauthier.

L’entreprise familiale souhaite maintenant se rapprocher de la population et a pour projet un camion-boutique qui devrait bientôt sillonner les alentours pour permettre aux gourmands de se procurer leurs produits facilement.

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