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L'endroit où vous vivez a-t-il un impact sur votre santé?

L'endroit où vous habitez a-t-il une influence sur votre santé? Dans nos régions dites éloignées, plusieurs consommateurs se trouvent dans ce qu'on appelle des déserts alimentaires et doivent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour acheter des denrées fraîches.

Un texte de Julie Tremblay

Manger une pomme par jour éloigne le docteur pour toujours, dit le dicton. Toutefois, pour manger cette pomme, encore faut-il y avoir accès.

Cet accès aux denrées alimentaires fraîches intéresse de plus en plus la Direction de la santé publique, puisqu'il aurait un impact certain sur la santé.

Depuis 5 ans, dans tous les congrès sur l'obésité, la notion de désert alimentaire revient. C'est un facteur déterminant pour lequel on se préoccupait très peu auparavant et on se rend compte que l'environnement même, plus souvent que le comportement, détermine l'état de santé d'une population.

Docteur Sylvain Leduc, directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent

Dans la région, les gens consomment moins de fruits et légumes qu'en moyenne au Québec. La proportion de la population qui souffre de surpoids est également plus élevée qu'ailleurs dans la province.

« On s'est posé la question, est-ce une question d'accès, d'offre? [...] On doit travailler sur l'ensemble des moyens pour rendre cette alimentation saine plus accessible », affirme le Dr Leduc.

Un accès précaire aux denrées périssables

Selon les plus récentes données colligées par la Direction de la Santé publique, moins d'un pour cent de la population du Bas-Saint-Laurent se trouve dans un désert alimentaire.

Toutefois, l'accès aux denrées fraîches reste fragile. Dans plusieurs villages, il n'y a qu'un seul commerce qui vend des fruits et légumes. Si ces épiceries ferment, la population se retrouvera automatiquement dans un désert alimentaire.

Qui plus est, il est très difficile pour les commerces de proximité d'offrir une variété de fruits et légumes en raison des faibles volumes dont ils ont besoin :

On ne veut pas avoir de pertes... pour ne pas avoir de pertes, il faut acheter des demi-caisses. Les demi-caisses, souvent, sont dispendieuses donc le profit est un peu moins là.

Robin Simon, gérant, Coopérative du Haut-Pays de Trinité-des-Monts

Toutefois, à Trinité-des-Monts, un restaurant adjacent à l'épicerie permet de récupérer les fruits et légumes qui n'ont pas été vendus et de les intégrer dans un menu du jour, les fruits et légumes invendus sont donc utilisés à d'autres fins.

Des solutions pour manger mieux

Cependant, pour favoriser une saine alimentation, il n'y a pas que l'accès aux denrées fraîches dans les épiceries. À La Rédemption, dans la Mitis, des citoyennes participent tous les mois à un atelier de cuisine collective pour le plaisir, mais aussi pour éviter de se déplacer pour faire les emplettes.

On apporte la nourriture pour qu'ils cuisinent ensemble. C'est collectif et ils repartent avec la nourriture qu'ils ont cuisinée dans la journée, donc c'est moins de transport pour eux. Ils n'ont pas besoin de monter à Rimouski ou Mont-Joli pour aller acheter les aliments qu'il manque.

Sabrina Beaulieu, animatrice à Moisson Mitis

Les municipalités invitées à s'impliquer

En plus de soutenir des projets de cuisines collectives ou de jardins communautaires, la Direction de la santé publique incite les municipalités à se doter de politiques alimentaires pour favoriser la saine alimentation. La Ville de Rimouski, qui en a adopté une en octobre, s'est par exemple engagée à promouvoir les aliments santé dans les événements qu'elle soutient ou organise.

La DSP s'intéresse aussi aux endroits où les citoyens n'ont pas accès à des installations sportives près de chez eux. Car si l'accessibilité aux fruits et légumes incite à en manger, la proximité de parcs ou de sentiers encourage aussi les gens à bouger.

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