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L'éthique électorale à l'ère des médias sociaux

Les campagnes électorales ne se limitent plus à installer des pancartes et à serrer les mains. Les candidats doivent maintenant développer leur présence en ligne. S'ils sont nombreux à l'avoir compris, une confusion semble régner quant aux règles du jeu sur les médias sociaux.

Un texte d'Édith Drouin

La semaine dernière, le maire sortant de Rimouski, Marc Parent, s’est retrouvé sous le feu des projecteurs pour avoir transformé sa page de maire de Rimouski en page de candidat à la mairie.

Il a ainsi conservé tous les abonnés qui avaient suivi sa page lorsqu’il était maire et conseiller municipal.

Cette pratique est très discutable, selon la consultante en communication numérique et médias sociaux, Nellie Brière.

L'experte considère que la réutilisation de la page pose aussi un problème d'équité par rapport aux autres candidats. Elle explique que dans cette situation, un élu devrait plutôt créer une nouvelle page de candidat.

Nellie Brière reconnaît que ce genre de faux-pas n’est souvent pas volontaire, mais plutôt le résultat d'une méconnaissance des médias sociaux.

Pas une page officielle de la Ville

De son côté, le maire de Rimouski pense que les médias sont en train de « couper les cheveux en quatre » en s’attardant à cette question.

Il précise qu’il a toujours administré la page lui-même et qu’elle n’a jamais été une page officielle de la Ville. Il ajoute que les citoyens ont reçu un avis lors du changement de nom de la page.

Il ajoute n'avoir reçu aucune plainte de la part de citoyens.

Profil public et page officielle

Même si la page de Marc Parent n’était pas une page officielle de la Ville de Rimouski, une question éthique se pose, selon la consultante Nellie Brière.

Elle explique que lorsqu’un citoyen s’abonnait à la page Marc Parent - Maire de Rimouski, il s’abonnait à sa fonction et pas nécessairement à sa personne.

En comparaison, le maire de Montréal, Denis Coderre, se sert aussi du compte utilisé pour documenter ses fonctions de maire pour sa campagne électorale. Il s’agit toutefois d’un profil public.

La nuance est importante, selon Nellie Brière, qui explique que les internautes se sont abonnés avant tout à sa personne, plutôt qu’à une fonction. Elle considère son utilisation de la plateforme comme tout à fait correcte dans ce contexte.

Éviter la confusion

À l’inverse du maire de Rimouski, le maire sortant de Québec, Régis Labeaume, a décidé de ne pas utiliser sa page officielle dans le cadre de la campagne. Il a même indiqué, en date du 29 septembre, qu’il ne diffuserait pas ses activités électorales sur cette page.

Selon le directeur des communications d’Équipe Labeaume, Michel Desmeules, le maire sortant a pris cette décision parce que sa page était devenue, aux yeux du public, la page du maire de Québec.

Michel Desmeules admet qu’il aurait été facile de réutiliser ses quelque 25 000 abonnés à des fins électorales, mais que ce changement aurait été problématique puisque certaines annonces officielles avaient été faites sur le profil de M. Labeaume.

L’équipe a également rappelé à ses candidats, avant le début de la campagne, d’éviter de partager des publications concernant des activités réalisées en tant qu’élu sur la page officielle du parti.

Aucune disposition dans la loi électorale

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) s’intéresse principalement à la notion de dépense électorale sur les médias sociaux, selon la porte-parole Stéphanie Isabelle. L’achat de publicités sur Facebook doit, par exemple, être déclaré comme une dépense électorale.

L’organisme exerce d’ailleurs une veille des médias sociaux auprès des partis, des candidats et des tiers qui pourraient intervenir dans la campagne électorale municipale.

Par contre, la gestion des pages et des profils est laissée à la discrétion des administrateurs.

Le DGEQ confirme par ailleurs qu’aucun article de la loi ne prévoit de dispositions sur la récolte de contacts dans le cadre d’une fonction officielle et de leur réutilisation en période électorale.

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