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L'histoire de la production de sirop d'érable avant la gestion de l'offre

Une industrie « artisanale » et « peu organisée » : c'est ainsi que le professeur Maurice Doyon décrit l'industrie québécoise du sirop d'érable avant l'instauration d'un système de contingentement, au début des années 2000. Il craint un retour à cette situation si Québec suit les recommandations du rapport Gagné sur la production acéricole du Québec.

Un texte de Ariane Perron-Langlois

Commandé l'an dernier par le ministre de l'Agriculture Pierre Paradis, le rapport Gagné propose l'abolition des contingentements et la fin du monopole de vente de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ).

Toutefois, avant la mise en place du système actuel, il y avait des fluctuations importantes dans la production de sirop d'érable du Québec, rappelle Maurice Doyon, professeur titulaire au département d'économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l'Université Laval.

« C'était un peu à la va-comme-je-te-pousse, comme organisation industrielle, dit-il. Ça faisait en sorte que des fois des marchés pouvaient être approvisionnés, des fois on n'avait pas de sirop donc on n'approvisionne pas ce marché-là. »

Il soutient également que les prix étaient alors plus bas pour les producteurs et qu'il y avait certains problèmes dans le contrôle de la qualité.

Le professeur croit qu'il est faux d'affirmer que le système de gestion de l'offre est dépassé. « Les conditions de marché qu'il y avait à l'époque sont encore les mêmes aujourd'hui, insiste-t-il. Les raisons pour lesquelles on a mis en place ces outils-là, je ne vois pas en quoi elles n'existent pas aujourd'hui. »

Augmenter les quotas plutôt qu'abolir les contingentements

Au lieu d'abolir les contingentements, comme le recommande le rapport Gagné, Maurice Doyon suggère plutôt de s'assurer que la Régie des marchés agricoles entende plus rapidement les demandes des producteurs d'augmenter de façon importante les quotas de production de sirop d'érable.

Il appelle enfin à la prudence au sujet des données qui montrent que le Québec a perdu des parts dans le marché mondial du sirop d'érable. « On a un pourcentage légèrement plus faible, mais presque dans la moyenne, d'un marché beaucoup plus important », souligne M. Doyon.

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