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L'Inde et la Turquie à la rescousse de l'industrie du fer

La concurrence avec le Brésil et l'Australie et le déclin de la production de la sidérurgie en Chine expliquent en partie le ralentissement du marché du fer sur la Côte-Nord, d'après des études réalisées par l'Université de Montréal.

Un texte d'Evelyne Côté

Le professeur titulaire en géographie, Claude Comtois, a étudié durant trois ans la chaîne d'approvisionnement du marché de fer au Canada et dans le monde, à partir du chargement du minerai jusqu'au port d'attache des navires.

Même si l'économie de la Chine vivote, l'entrée de nouveaux joueurs sur le marché, l'Inde et la Turquie, laisse entrevoir une éclaircie à l'horizon, d'après Claude Comtois.

Le professeur estime que la production d'acier de l'Inde augmentera de 25 millions de tonnes et celle de la Turquie grimpera de 30 à 40 millions de tonnes au cours des prochaines années.

La position stratégique de Sept-Îles

Grâce à son emplacement géographique, Sept-Îles se trouve dans une position stratégique pour approvisionner le Turquie, d'autant plus qu'elle peut accueillir les superminéraliers, les Chinamax, de 400 000 tonnes de minerai de fer.

Un surplus d'inventaires d'acier en Chine

Selon le chercheur, les réserves d'acier de la Chine, qui importe 1 milliard de tonnes de minerai de fer par année, sont beaucoup trop élevées. C'est ce qui explique, en partie, la baisse de la demande du minerai de fer dans le monde.

Les études démontrent que la Chine possède plusieurs sidérurgies de petites et moyennes tailles, mais le pays est incapable de fusionner leur production, malgré une tentative de réforme.

De plus, le pays connaît un ralentissement économique puisque la construction immobilière a atteint un plafond. « Ça va prendre plusieurs mois avant que ce secteur puisse redémarrer », explique Claude Comtois, qui prévoit une relance des activités au milieu de l'année prochaine.

Surplus d'inventaires 

D'après Claude Comtois, les minières, comme Tata Steel, ArcelorMittal et Rio Tinto IOC, doivent comprendre les stratégies corporatives des principaux producteurs d'acier.

Il faut qu'elles développent leurs filiales à travers le globe qui produisent différents types d'acier pour répondre aux besoins de la compagnie. « On est en mesure d'offrir, si on veut, une valeur ajoutée au minerai de fer qu'on va exporter vers la compagnie, c'est ça qu'il faut faire », soutient-il.

Le chercheur cite en exemple Tata Steel et ArcelorMittal qui ont besoin d'un certain volume et teneur de minerai pour exporter à l'étranger. « Les minières doivent pouvoir acheminer le minerai en temps réel, en réduisant leurs inventaires sur leur site », ajoute Claude Comtois.

Sept-Îles a un avantage par rapport aux autres ports dans le monde puisqu'elle dispose d'une grande capacité de stockage de minerai et les compagnies minières peuvent acheminer leur production en forme de juste-à-temps.

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