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L'industrie bioalimentaire valorise les résidus de production

Qu'elles produisent des légumes, qu'elles récoltent des petits fruits ou qu'elles transforment des produits de la mer, presque toutes les entreprises génèrent des déchets. Dans le cadre du Forum biolalimentaire de la Côte-Nord, qui s'est tenu à Baie-Comeau ces deux derniers jours, les participants ont partagé leurs idées pour utiliser le mieux possible les résidus de leur production.

À la Poissonnerie Fortier et Frères de Sept-Îles, la transformation du bourgot, du crabe et de la crevette génère une vingtaine de tonnes de résidus chaque année.

Le directeur général, Jean-Christophe Dubreuil, précise que la plupart de ces résidus prennent le chemin du lieu d'enfouissement technique, sauf la crevette.

« On va garder les têtes de crevettes et nous, on va vendre ça à un pisciculteur dans le coin de Montréal. »

Il reconnaît que le reste des coquilles et des carapaces pourrait aussi trouver preneur.

Nous, à la grosseur qu'on a, ce n'est pas nous qui allons mettre en place un site particulier à nous pour faire du compost ou faire de l'engrais.

Jean-Christophe Dubreuil, directeur général, Poissonnerie Fortier et Frères, Sept-Îles

Une entreprise qui oeuvre dans ce domaine, Bionik, est déjà bien implantée près des producteurs de fruits de mer en Haute-Côte-Nord.

Nous on recycle tout. Une bonne partie est faite en engrais, puis tout ce qu'on n'est pas capable de transformer en engrais ou en amendement, on va fabriquer du compost.

David Hamel, fabriquant de produits Bionik

L'équation est la suivante : « Ils sont obligés d'enfouir, ils ont des coût élevés. Donc nous, c'est d'arriver en bas des coûts d'enfouissement puis de réussir à fabriquer de la matière, revaloriser la matière. »

En Basse-Côte-Nord, beaucoup plus à l'est, la Coopérative Bioproduits génère aussi des résidus.

La peau et les graines des fruits ne sont pas utiles à la production de purées, de gelées et de sirops.

Depuis son ouverture l'an dernier, la coopérative congèle ses résidus de fruits et les envoie à Montréal. Ils sont ensuite acheminés aux États-Unis, où l'on tente de les introduire dans des cosmétiques naturels.

Les résidus sont destinés à la transformation en matière cosmétique parce qu'ils ont un bon potentiel antioxydant. Donc, la grande valeur du produit en couvre les frais d'expédition.

Jessica Pool, porte-parole de la Coopérative Bioproduits

Les entreprises qui visent une production durable espèrent que les résidus puissent être utilisés une deuxième ou une troisième fois, mais les coûts et l'empreinte écologique liée au transport nuisent souvent à leurs efforts.

D'après le reportage de Marlène Joseph-Blais

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