Retour

L'industrie de la motoneige satisfaite de la levée du blocus des agriculteurs

Les gens d'affaires et les motoneigistes se réjouissent de la volte-face de Québec dans le dossier des taxes foncières des agriculteurs. Comme moyen de pression, les propriétaires de terres agricoles de certaines régions du Québec bloquaient le passage des motoneigistes. Si la situation avait perduré, les conséquences auraient pu être importantes pour le tourisme hivernal dans l'Est du Québec.

Les membres de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la province dénonçaient la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles du gouvernement Couillard, entrée en vigueur le 1er janvier. Elle se traduisait par d’importantes hausses de taxes pour les agriculteurs.

Le copropriétaire du Quality Inn Matane, Pierre-Luc Thibault, salue la décision de Québec.

Pour l'homme d'affaires, le tourisme hivernal représente une part importante de son chiffre d'affaires durant la saison froide. Des voyageurs proviennent d’aussi loin que du Nouveau-Brunswick et des États-Unis.

« Le gouvernement a su agir rapidement dans ce dossier-là pour faire bénéficier aux motoneigistes d’une saison exceptionnelle cette année, dû à la neige abondante. Je pense que le gouvernement ne pouvait pas se permettre de dire que « non on passe à côté de ça et on tient notre bout. »

Je pense que nous autres aussi dans l’industrie touristique on est quand même de bons payeurs de taxes.

Pierre-Luc Thibault, copropriétaire, Quality Inn Matane

Le président du Club de motoneigistes Vallée-de-la-Matapédia, Daniel Bérubé, est du même avis.

Pour M. Bérubé, un tel blocus aurait été un dur coup pour l’économie régionale.

« Surtout au mois de février, c’est un mois où il circule beaucoup de touristes. On parle des restaurants, on parle des motels, on parle de tout ce qui est hôtelier là et tout ce qui est restauration. Si les sentiers étaient coupés, on enlève tout ça », dit-il.

La présidente de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, Denise Grenier, est aussi satisfaite du dénouement du conflit.

Elle s'inquiétait de l'impact de ces moyens de pression sur l'industrie de la motoneige.

Nos motoneigistes sont très heureux, mais pas juste les motoneigistes. Les retombées économiques, c'est beaucoup restaurateurs, hôteliers, pourvoiries, tout le monde qui gravite autour de la motoneige. C'est une industrie de 3,3 milliards de dollars.

Denise Grenier, présidente de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec

Toutefois, Mme Grenier explique que la menace du blocage des sentiers de motoneige à l'échelle québécoise a déjà eu des impacts.

« Il y avait eu beaucoup d'annulations de séjours des gens de l'extérieur, Européens, Américains, d'autres motoneigistes du Canada. Mais on fait beaucoup de promotion, les associations touristiques sont à l'oeuvre pour ramener notre clientèle. Et j'espère qu'on va être capable de les ramener au Québec, parce que ce sont des revenus importants pour le Québec. »

Le directeur régional de l’UPA Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Marc Tétreault, croit que les hausses de taxes auraient été trop importantes avec le nouveau programme de crédit de taxes foncières. Il les estime entre 500 $ et 3 000 $.

« Ce qu'il faut comprendre, c'est que ça s'ajoute au fardeau fiscal que les entreprises ont déjà à subir. »

Il se dit satisfait du recul du gouvernement du Québec et espère que cette décision marque un changement de ton dans les relations avec le ministère de l'Agriculture.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Qu'est-ce qui se passe quand tu fume un joint?