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L'industrie éolienne sous le vent américain

La faiblesse du dollar canadien par rapport à la devise américaine et le plan Climat de Barack Obama pourraient ouvrir de nouvelles avenues pour l'industrie éolienne au Québec et au Canada.


Annoncé en août dernier, le plan encourage les énergies renouvelables, comme le solaire ou l'éolien qui devront représenter 28 % de l'électricité d'ici 2030.

Clairement, le Québec a une longueur d'avance et pourrait être la base des opérations dans le domaine en Amérique du Nord, estime Jean-Frédérick Legendre, directeur Québec de l'Association canadienne de l'énergie éolienne (CanWEA).

Au Québec, à 6,03 ¢ le Kw/heure, on ne peut rien faire de moins cher que l'éolien pour la production d'électricité, soutient Jean-François Legendre. C'est à parité avec l'hydro-électricité, ajoute-t-il.

Les exportations, pas seulement des composants

Il n'y a pas que les usines de pales ou de tours qui pourraient profiter de l'ouverture du marché américain.

Une des clés de l'industrie éolienne en matière d'exportations, souligne M. Legendre, réside aussi dans l'expertise développée par le Québec dans le cadre du développement éolien 2006-2015. « Ça s'exporte très bien », note le porte-parole de l'industrie.

C'est le cas des services en entretien d'éoliennes qui ont vu le jour, notamment en Gaspésie.

D'autres entreprises, notamment en amont de la construction des parcs éoliens, dans des domaines comme l'environnement ou l'ingénierie, qui sont surtout concentrées dans la région montréalaise, disposent maintenant d'une expertise exceptionnelle et exportable, relève M. Legendre.

Boralex, Innergex, Kruger, Eolectric sont aussi parmi les promoteurs qui ont développé des projets au Québec, mais aussi dans le reste du Canada, en France et au Mexique.

Des parcs au Québec pour les États-Unis?

Le plan Climat d'Obama prévoit aussi que les États-Unis pourront exporter directement de l'électricité du Canada. L'énergie éolienne s'ajoute donc favorablement à l'offre énergétique d'Hydro-Québec aux États-Unis puisque l'éolien est considéré comme énergie renouvelable par la plupart des États américains.

Même si évidemment des parcs éoliens seront construits aux États-Unis, Jean-Frédérick Legendre fait valoir que les parcs éoliens du Québec ont l'avantage d'être déjà en place. « Si les interconnections sont améliorées en plus, c'est une voie qui peut d'avérer très intéressante pour les Américains, tant pour le prix que pour les infrastructures. Importer pourrait s'avérer moins cher », relève M. Legendre.

Reste que l'incertitude qui entoure la nouvelle politique énergétique du Québec entrave le développement de l'industrie qui a besoin d'être consolidée, croit le porte-parole de CanWEA. « Si, dit-il, ces entreprises savaient déjà qu'on avait des appels d'offres prévus dans les deux ou trois ans dans les dix prochaines années, ces entreprises seraient déjà en train de travailler sur des plans pour gagner des projets. »

Idéalement, l'industrie québécoise souhaiterait obtenir 350 MW par année entre 2017 et 2025.

L'Association canadienne de l'énergie éolienne attend donc impatiemment de connaître la place réservée à l'éolien dans la nouvelle politique énergétique du Québec qui sera déposée à la fin de l'automne.

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