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L'insularité a un prix, surtout dans le panier d'épicerie

Selon une étude réalisée par le Dispensaire diététique de Montréal, le panier d'épicerie coûte en moyenne 16 % plus cher aux Îles-de-la-Madeleine qu'à Montréal.

Un texte de Joane Bérubé

Ainsi, le coût minimum d'un régime nutritif pour une personne a été établi à 9,86 $ par jour pour un Madelinot qui vit dans une famille de quatre personnes, soit un couple et deux enfants adolescents. Ce coût est de 8,30 $ à Montréal.

L'étude a été réalisée à partir de prix prélevés les 30, 31 mai et 1er juin 2016 dans cinq épiceries des Îles-de-la-Madeleine. Une équipe des Îles a fait la collecte des prix qui ont ensuite été transmis au Dispensaire où ils ont été compilés et comparés.

Pour établir ses comparatifs, la nutritionniste Suzanne Lepage, du Dispensaire diététique de Montréal, explique que l'organisme se base sur un panier à provisions nutritif (PPN).

Du pain, des céréales et du beurre jusqu'à 30 % plus cher

Aux Îles, certains produits comme le pain, les produits céréaliers, les légumineuses ou le sucre présentent des écarts de prix supérieurs à 20 % avec ceux de Montréal. Certains produits céréaliers sont jusqu'à 35 % plus chers dans l'archipel que dans la métropole.

Le Madelinot paiera 33 % de plus qu'un Montréalais pour le beurre et la margarine, par exemple.

Le prix du poisson, des fruits et des légumes est en moyenne de 16 % à 18 % plus élevé aux Îles tandis que le prix du lait entier, des agrumes, des pommes de terre et des oeufs est relativement similaire à celui de la région montréalaise.

La surprise vient du prix des viandes qui est de 9 % plus bas dans les épiceries madeliniennes.

La perception des Madelinots

L'étude a été menée pour la Table pauvreté des Îles, qui a aussi réalisé une enquête maison sur la perception des Madelinots sur le prix des aliments. Ainsi, 93 % des participants à l'enquête pensent que les prix sont en général plus élevés dans l'archipel.

Plus de 80 % des 333 répondants au questionnaire en ligne de la Table étaient par ailleurs convaincus de payer plus cher qu'ailleurs pour leur viande. L'enquête a été menée durant la semaine du 11 au 16 octobre 2016.

D'après Suzanne Lepage, une étude réalisée en 2011 dans trois régions du Québec a permis de noter que la superficie du commerce est un important facteur d'influence sur le prix du panier : plus c'est grand, moins c'est cher.

D'autre part, le prix du panier a souvent tendance à être plus cher en milieu rural.

Enfin, selon Mme Lepage, il est très difficile pour une famille monoparentale à revenus moyens et pratiquement impossible pour une famille à faibles revenus de se procurer une alimentation de base permettant de satisfaire tous ses besoins nutritionnels.

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