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La CAQ, parti fantôme dans l'Est-du-Québec ?

La Coalition Avenir Québec ne soulève pas les passions dans l'Est-du-Québec. Selon nos informations, seulement deux des neuf circonscriptions comptent un Comité d'action local de la CAQ. Le parti de François Legault a promis une stratégie pour les régions du Québec en 2016, mais personne à la CAQ n'a voulu accorder une entrevue à Radio-Canada pour parler de la vie militante à l'est de la région de Québec.

Un texte de Michel-félix Tremblay

Le responsable des communications de la CAQ, Thomas Verville se contente, par courriel, d'écrire qu'un « organisateur d'expérience est actif depuis quelques mois afin de mobiliser les gens sur le terrain et organiser des activités ». Combien de personnes sur le terrain adhèrent à la CAQ ? De quelles activités parle-t-on ? Joint au téléphone, l'organisateur en question, Daniel Leblond a refusé de nous accorder une entrevue pour y répondre. Même son de cloche auprès de Thomas Verville. « Nous procéderons à des annonces en temps et lieu ». 

Peu de militants

Radio-Canada a cependant appris qu'une vie militante caquiste, bien que timide, existerait dans deux circonscriptions, soit Rimouski et René-Lévesque. Le comité d'action local de Rimouski compterait une quarantaine de membres seulement. Dans René-Lévesque, 69 personnes aiment la page facebook du CAL mais on y retrouve que des articles de journaux ou des communiqués officiels du parti. 

Le président du Comité d'Action local (CAL) de la CAQ dans Rimouski, Frédéric Rioux, s'est lui aussi vu muselé par le responsable des communications du parti basé à Montréal.  Monsieur Rioux n'est pourtant pas un employé de la CAQ et se définît lui-même comme un militant. 

Lors d'un entretien téléphonique avec monsieur Rioux pour préparer une entrevue qui n'aura jamais lieu, le président du CAL de Rimouski a cependant avoué à Radio-Canada qu'il avait la  « perception » que l'est du Québec était laissé de côté par le Parti. Il a aussi déploré que le chef François Legault ait annulé, à la dernière minute, une rencontre militante qui devait se tenir à Rimouski.

Difficile dans ce contexte de mobiliser les citoyens, avait-il conclu. Invité quelques jours plus tard à répéter ses déclarations devant la caméra, monsieur Rioux a répondu que les communications de la CAQ allaient se charger de « faire le suivi » avec Radio-Canada, ce qui ne s'est jamais produit.

Même d'ex-candidats caquistes aux élections de 2012 ignorent complètement ce qui se passe sur le terrain. C'est le cas d'Yvan Blanchard candidat caquiste dans Gaspé et de Jean-Marc Landry, ex-candidat dans Bonaventure lors des deux dernières élections générales. Ce dernier se définit désormais comme un « athée politique ».

Monsieur Landry a refusé de nous accorder une entrevue, affirmant avoir « tourné la page ». Il a cependant affirmé, lors d'un bref échange téléphonique, que « l'aventure politique amène d'amères déceptions pendant une campagne ». Voulait-il parler de la position de son parti sur la cimenterie ou l'éolien ? Jean-Marc Landry n'a pas voulu détailler son propos.

Un parti centralisé

Bien qu'il considère avoir été écouté par les instances du parti, l'ex-candidat caquiste Yvan Blanchard comprend pourquoi le parti ne soulève pas les passions en Gaspésie.

Selon lui, la position de la CAQ sur la cimenterie expliquerait les derniers résultats électoraux. D'ailleurs, Yvan Blanchard était en total désaccord avec la position de son chef lors de la dernière élection. Pouvait-il l'exprimer publiquement ? « C'est sûr que non », a-t-il répondu candidement. 

L'appui à la Coalition Avenir Québec a diminué

Les résultats de la CAQ à la dernière élection générale témoignent du peu d'enthousiasme que suscite le parti de François Legault en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine et au Bas Saint-Laurent. Dans ces trois régions, on note une diminution du taux d'appui à la CAQ par rapport à l'élection de 2012. Sur la Côte-Nord, l'appui à la CAQ semble stagner.

Pour l'enseignant en Sciences politiques Marcel Marsolais, la CAQ concentre ses énergies là où c'est rentable, c'est à dire dans la couronne de Montréal.

Marcel Marsolais estime cependant que le parti aurait tout à gagner à proposer des stratégies pour aider les « régions ressources », ce qui stimulerait peut-être la vie militante. Il estime que le Plan Saint-Laurent, proposé par le chef, était un bon début, mais sans plus. « C'était très sommaire à l'époque et très brouillon ». Il conclut en disant que ce projet était davantage un projet électoral qu'une véritable proposition.

Un plan pour les régions bientôt ?

En 2015, constatant que son parti n'avait pas de racines bien profondes dans les régions du Québec, François Legault a délégué le député de Jonhson, André Lamontagne, pour amorcer une vaste tournée du Québec. Presque deux ans plus tard, son rapport est toujours attendu.

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