Le diocèse de Rimouski a finalement tranché : il souhaite que la Cathédrale soit convertie en un lieu à caractère communautaire ou culturel, en excluant une vocation de culte permanent.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

L'archevêque de Rimouski, Mgr Denis Grondin, souhaite que la cathédrale devienne un lieu d’éducation, de culture et de rassemblement.

Il fait donc appel aux organismes culturels et communautaires pour qu’ils présentent leurs projets, qui devront être « viables financièrement ». Selon les projets présentés, la possibilité de culte occasionnel pourrait être envisagée.

Mgr Grondin indique avoir pris cette décision après un sondage qui montrait que 77 % des Rimouskois sont favorables à un changement de vocation de la cathédrale.

De plus, il souligne que la fabrique Saint-Germain n’a pas les ressources financières pour restaurer et entretenir la cathédrale. Selon lui, l’accès à des subventions gouvernementales sera plus facile s’il n’y a plus de culte permanent dans l’édifice.

« Il y a urgence », soutient l’archevêque

L’archevêque souhaite recevoir les différents projets d’ici la fin septembre pour que les travaux débutent cet automne. L’objectif est que la conversion soit terminée d’ici deux ans.

Mgr Grondin estime que le projet va dépasser les 10 millions de dollars. Il assure que le diocèse est prêt à faire sa part pour payer les réparations de l’édifice. « Notre implication financière, elle est un devoir moral et un devoir concret de poser des gestes », soutient-il.

Le projet critiqué par le maire de Rimouski

Quelques minutes après avoir assisté à l’annonce de l’archevêque, le maire de Rimouski, Marc Parent, a critiqué cette décision.

Le maire est en désaccord avec l’interprétation que fait le diocèse du sondage. Il soutient qu’une majorité de Rimouskois souhaite que la Cathédrale conserve une vocation religieuse et que l’aspect intérieur soit préservé.

« Nos parents, nos ancêtres, ont travaillé à la sueur de leur front pour contribuer à la construction de l’église. Le sentiment que j’ai, vraiment, c’est que l’Église a décidé de laisser aller, de lancer la serviette sur la cathédrale, et j’ai énormément de difficulté à accepter cette réalité-là », affirme Marc Parent.

Du même souffle, Marc Parent a rappelé que si un lieu de culte est maintenu, la Ville de Rimouski ne pourra pas contribuer financièrement à un éventuel projet. Il a ajouté que des projets, tels que ceux d’aménager la bibliothèque ou la coopérative Paradis à l’intérieur des murs de la cathédrale, ont peu de chance d’obtenir le financement nécessaire auprès des différents paliers de gouvernements.

Questionné à savoir quel scénario il aurait privilégié, M. Parent n’a pas voulu se prononcer. « Ce n’est pas à la Ville de déterminer la vocation », a-t-il martelé.

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