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La CTMA à la défense de l’exception madelinienne

Le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin, estime que le virage qu'entreprend Transports Canada dans la gestion de la traverse entre Cap-aux-Meules et Souris entre en contradiction avec le modèle d'entreprise développé jusqu'à maintenant par la Coopérative.

Un texte de Joane BérubéSelon la CTMA, le scénario de révision de trois dessertes maritimes de l’Est du Canada, qui inclut la traverse des Îles-de-la-Madeleine, serait fondé sur des considérations financières au détriment d’autres considérations spécifiques à la mission de l’entreprise et de l’économie de l’archipel madelinot.

Le directeur de la CTMA croit que plusieurs éléments militent pour l’exclusion de la desserte Souris-Cap-aux-Meules.

L'un des premiers, dit-il, est le modèle coopératif sur lequel s'appuie la CTMA, qui n’en est pas un de redistribution aux membres.

La CTMA s’estime donc désavantagée comparativement à une entreprise privée traditionnelle avec un actionnariat et une volonté de profit. « La coopérative est issue du milieu qui s’est bâti par les Madelinots pour le service des Madelinots. Tout l’argent généré, précise-t-il, est réinvesti soit dans les services, soit dans les infrastructures. »

La CTMA, rappelle-t-il, vise le développement économique des Îles et agit comme levier économique. « Lorsqu’on va se comparer, dit-il, on risque d’être comparé à des opérateurs privés avec des objectifs tout à fait différents. »

De plus, explique Emmanuel Aucoin, le modèle d’entreprise qui a été développé depuis plus de 10 ans avec Transports Canada est « à contribution budgétaire », sans possibilité de profits.

« Là, on vient changer les règles du jeu, où la notion de profit et la rentabilité risquent de prendre le dessus », constate le gestionnaire qui croit que les services aux Madelinots en souffriront à plus ou moins long terme.

Là aussi la comparaison est, juge-t-il, difficile.

Importance des retombées économiquesLe DG se soucie aussi des retombées économiques de son entreprise et des emplois directs et indirects que génère la CTMA. « Un seul opérateur pour trois services, cela veut dire des achats locaux moindres, des décisions d’investissement en achats, en dépenses et en réparations qui seraient souvent faites sur le continent avec des impacts sur l’économie des Îles assez importants. »

Emmanuel Aucoin croit aussi que les services offerts par la traverse des Îles sont aussi différents que ceux que proposent les traverses auxquelles Ottawa projette de la jumeler.

« On nous compare avec deux autres services qui dans aucune mesure ne peuvent être comparés pour la durée de la traverse ou les alternatives qui s’offrent aux autres traverses, que ce soit le pont de la Confédération ou même l’autoroute », souligne le DG.

Mobilisation régionale

De nombreuses voix se sont fait entendre cette semaine pour convaincre le ministère des Transports de retirer la desserte maritime entre Cap-aux-Meules et Souris d’un processus d’appel d’offres que s’apprête à lancer Ottawa.

Les pourparlers se poursuivent entre la CTMA et le ministère des Transports.

Le temps presse toutefois, puisque les ententes avec les entreprises de transport maritime qui assurent les trois dessertes se terminent le 31 mars.

« Il faut reconnaître, conclut M. Aucoin, ce qui a été bâti depuis 1971 par des gouvernements qui courageusement ont signé des contrats et ont réussi à développer une communauté comme les Îles-de-la-Madeleine. Ce serait de valeur qu’on laisse aller cette expertise-là, cette capacité, cette autonomie au détriment d’un transporteur étranger. On serait bien déçus. »

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